
NATIONS UNIES :
L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) a intensifié son initiative diplomatique à l’ONU concernant la dernière profanation du Saint Coran en Suède, alors que l’indignation contre l’islamophobie s’est répandue dans le monde musulman vendredi.
L’Arabie saoudite, l’Iran et plusieurs autres pays ont convoqué des émissaires suédois pour exprimer leur indignation face à l’incident de Stockholm, tandis que la Turquie a lancé un mandat d’arrêt contre les personnes responsables de l’acte provocateur au Danemark.
Une délégation des pays de l’OCI, dont le Pakistan, a appelé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la présidente du Conseil de sécurité de l’ONU, Barbara Woodward, à lui faire part de l’intense colère qui règne dans le monde musulman.
L’ambassadeur pakistanais à l’ONU, Munir Akram, ainsi que les envoyés de l’Egypte et du Bangladesh et les chargés d’affaires de l’Arabie saoudite et de la Mauritanie, ont exhorté le chef de l’ONU à prendre des mesures visant à prévenir de tels actes « odieux ».
A la lumière d’une résolution récemment adoptée par le Conseil des droits de l’homme, l’ambassadeur Akram a souligné la nécessité pour les pays occidentaux de proscrire les actes délibérés de provocation, qui pourraient conduire à la violence.
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Il a également fait savoir au chef de l’ONU que l’OCI souhaitait qu’il adopte un plan d’action contre l’islamophobie. Le secrétaire général a qualifié les actes de profanation de condamnables et de « stupides ».
Il a convenu que la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme devait être mise en œuvre par tous les États membres, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, dans un communiqué.
« Le secrétaire général a exprimé sa solidarité avec la communauté musulmane, condamnant les actes d’intolérance, de violence et d’islamophobie qui exacerbent les tensions et contribuent à la discrimination et à la radicalisation », a ajouté M. Dujarric.
Plus tard, le groupe d’ambassadeurs a également rencontré la présidente du Conseil de sécurité de l’ONU pour le mois de juillet, l’ambassadrice Barbara Woodward du Royaume-Uni, afin de lui faire part des préoccupations de l’OCI face à cet acte scandaleux.
En juin, le jour de l’Aïdul Azha à Stockholm, un immigrant irakien a commis un acte de profanation devant la principale mosquée de la capitale suédoise au cours d’une manifestation autorisée par la police locale.
Il a répété cet acte islamophobe jeudi lors d’une autre manifestation, quelques heures après que les manifestants irakiens eurent incendié l’ambassade de Suède pour protester contre l’autorisation accordée par la police de Stockholm pour la tenue de l’événement.
Jeudi, le gouvernement irakien a expulsé l’ambassadeur suédois, rappelé son chargé d’affaires en Suède et suspendu la licence commerciale du géant suédois des télécommunications Ericsson.
Vendredi, l’Arabie saoudite, l’Iran, le Qatar et la Jordanie, deux puissances du Moyen-Orient, ont convoqué des diplomates suédois pour dénoncer l’autorisation donnée par Stockholm aux manifestations anti-islamiques pour des raisons de liberté d’expression.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a écrit au secrétaire général de l’ONU pour lui demander de « condamner immédiatement cette action et de prendre les mesures nécessaires dès que possible afin d’empêcher que de tels actes ne se reproduisent ».
La Turquie, qui pourrait opposer son veto à l’entrée de la Suède dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), a demandé à Stockholm de prendre « des mesures dissuasives pour empêcher les crimes de haine contre l’islam et ses milliards d’adeptes ».
Ankara a également émis des mandats d’arrêt contre l’homme politique danois Rasmus Paludan et neuf autres suspects impliqués dans un acte islamophobe similaire devant l’ambassade de Turquie à Stockholm en janvier, a déclaré le ministre turc de la Justice.
Manifestations de rue
Des manifestants sont descendus dans les rues des capitales irakienne et iranienne vendredi pour dénoncer l’autorisation accordée par la Suède à des manifestations anti-islam, alors que Stockholm a retiré son personnel de son ambassade à Bagdad.
Des centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier Sadr City de Bagdad – le fief du religieux Moqtada al-Sadr – après la prière du vendredi, scandant « Oui, oui à l’Islam, oui, oui au Coran », un slogan qui a fait l’objet d’un débat au sein de la communauté internationale. AFP a déclaré le correspondant de l’AFP.
A Téhéran, des centaines de manifestants, brandissant des drapeaux iraniens et des exemplaires du livre saint de l’Islam, ont scandé « A bas les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et la Suède », tandis que certains mettaient le feu au drapeau suédois bleu et jaune.
Des dizaines de manifestants, pour la plupart vêtus de noir, se sont rassemblés devant l’ambassade de Suède à Téhéran, sous haute surveillance, et ont demandé sa fermeture et l’expulsion de l’ambassadeur de Suède.
Au Liban, les partisans du Hezbollah se sont rassemblés dans tout le pays, dont plusieurs centaines dans la banlieue sud de Beyrouth. Le chef du mouvement Hezbollah, Hassan Nasrallah, demande l’expulsion de l’envoyé suédois.
La Suède a invoqué vendredi des raisons de sécurité pour décider de transférer le personnel et les opérations de l’ambassade de Bagdad, après que des manifestants ont pris d’assaut l’enceinte de l’ambassade lors d’un raid mené avant l’aube cette semaine.
