Le Parlement européen a voté en faveur de la nouvelle loi sur la liberté des médias, connue sous le nom d’Acte européen pour la liberté des médias (EMFA), ce mardi.

La loi vise à protéger l’indépendance des médias de l’influence gouvernementale et politique, entre autres choses.

– C’est une façon pour l’UE d’essayer de réglementer quelque chose sur lequel elle n’a pas vraiment de compétence », déclare Ulrika Bergsten, qui poursuit :

– L’UE devrait réglementer le marché intérieur, comme les relations entre les pays, les biens et les services, alors que les questions relatives aux médias sont souvent des questions nationales », ajoute-t-elle.

Même si les questions relatives aux médias ne figurent généralement pas à l’ordre du jour de l’UE, Ulrika Bergsten estime que la loi relève du concept de démocratie.

– La Hongrie et la Pologne ont déjà été critiquées pour ne pas avoir de médias libres et, selon l’UE, pour ne pas être une démocratie. C’est pourquoi cette loi tente de réglementer quelque peu le service public afin de s’assurer qu’il est à l’abri de la politique », explique-t-elle.

Garantir des médias libres de toute influence politique

La loi se fonde en partie sur les préoccupations de la Commission concernant les pressions exercées sur la liberté des médias dans les États membres. Par exemple, une station de radio critique à l’égard de Victor Orbán s’est vu retirer sa licence et, en Grèce, des journalistes ont été mis sur écoute.

– En Italie aussi, le Premier ministre Georgia Meloni a nommé des membres de sa famille et des amis à des postes importants dans la fonction publique, explique Ulrika Bergsten, ajoutant que la Commission européenne s’inquiète également du risque que cette pratique ne soit pas autorisée.

– L’UE veut garantir que les médias sont libres de toute influence politique, déclare Ulrika Bergsten.

La position du Parlement européen a été adoptée mardi par 448 voix pour, 102 voix contre et 75 abstentions. Des négociations de compromis vont maintenant être entamées avec les États membres de l’UE, qui se sont mis d’accord sur leur position en juin.