« Les années où les festivals de cinéma pouvaient être financés aux dépens de milliers d’enfants affamés sont révolues ». Tel est le message adressé mardi au ministère argentin de la culture.

Le gouvernement ultra-libéral du président Javier Miley tente de freiner l’hyperinflation en Argentine en réduisant fortement les dépenses publiques.

La décision d’arrêter tout financement public de l’Institut argentin du film affecte les cinémas, les écoles de cinéma, les festivals de cinéma et les sociétés de production, entre autres.

Une politique cinématographique ambitieuse

Depuis les années 1990, l’Argentine mène une politique cinématographique ambitieuse et a produit environ 200 films par an ces dernières années.

Chaque année, le festival du film le plus prestigieux d’Amérique latine se tient dans la ville côtière de Mar del Plata, il existe une école de cinéma financée par l’État dans chaque région et une foire commerciale annuelle, Ventana Sur, se tient dans la capitale. Ces institutions culturelles sont aujourd’hui menacées.

Violentes manifestations devant le cinéma

« Nous demandons au gouvernement d’expliquer comment l’augmentation du chômage résout la pauvreté et la faim en Argentine. Nous demandons que l’institut du cinéma travaille avec la communauté cinématographique pour trouver des solutions qui préservent l’héritage culturel et renforcent une industrie créatrice d’emplois », a écrit l’organisation professionnelle Cine Argentino Unido en réponse à l’annonce de mardi.

Jeudi, ils ont organisé une grande manifestation devant le cinéma Gaumont à Buenos Aires, à laquelle ont participé des acteurs, des étudiants en cinéma et des travailleurs du cinéma. Des images de l’AFP montrent que la manifestation a tourné à la violence lorsque les manifestants se sont heurtés à la police.