« Close » est un drame magnifique mais blessé, avec de longs coups de gueule, sur Leo et Remi, deux garçons de 12 ans qui, au début du film, jouent aux chevaliers, courant sereinement à travers les champs de fleurs estivaux de la famille de Leo. Meilleurs amis depuis le jardin d’enfants, comme une seule âme dans deux corps, ils entrent ensuite au lycée et la réalité les rattrape.

Bien que l’homosexualité ne soit plus un stigmate évident dans la société adulte, la vie dans la cour de récréation – avec son machisme miniature tenace et ses rôles sexuels apparemment solides comme le roc – peut encore être un purgatoire pour ceux qui ont une « mauvaise » aura. C’est dans cette cour de récréation que le cinéaste Lukas Dhont, une fois de plus, après son excellent premier film « Girl » (2018), se faufile pour raconter une histoire profondément humaniste sur la vie émotionnelle des jeunes.

Mais « Close » se déroule tout autant dans ce moment prolongé où les fantasmes de l’enfance ne se déclenchent plus, où le bâton dans la main n’est pas une épée, juste un bâton de merde. Il ne s’agit donc pas d’un cours édifiant sur le genre pour ceux qui sont déjà sauvés. Ce n’est pas un film de combat pour les paresseux qui s’attendent à ce qu’il y ait du vrai et du faux.

Oui, le thème de l’homosexualité est présent, si vous voulez, dans les fanfaronnades du gars le plus cool de la classe, mais Dhont – qui a probablement le QE le plus élevé de l’industrie – est bien trop talentueux pour réduire les personnages à des représentants d’une orientation ou d’une autre. Au lieu de cela, il réalise un film sur l’amitié fondamentale et étroite. Sur l’amour et la trahison. Pas une trahison moche, juste une trahison négligente, basée sur les circonstances, la peur et le désir de s’intégrer. D’appartenir. Mais ses conséquences sont dévastatrices.

Les deux Les deux jeunes talents qui interprètent les rôles principaux jouent un dialogue qui bat au rythme des non-dits. Lukas Dhont et sa bande ont une confiance totale dans le pouvoir de l’image, laissant les confrontations se dérouler en silence, avec seulement quelques mots et sans aucune musique manipulatrice d’émotions. C’est d’une rigueur impressionnante et surtout d’une grande force émotionnelle, sans aucun faux pas sentimental.

L’apogée est nue et déchire l’âme. Il fait sortir des sécrétions du coin habituellement sec de l’œil d’un critique.