L’inflation est un fléau sanglant. Les prix des denrées alimentaires, qui touchent surtout les personnes à faibles revenus, continuent de grimper en flèche.

Le Bureau central des statistiques a dû chercher loin dans les classeurs pour trouver l’équivalent de l’inflation alimentaire que nous avons connue l’année dernière. Depuis l’époque de la guerre de Corée, il y a 70 ans, les prix des denrées alimentaires n’ont jamais augmenté aussi rapidement.

Le chiffre de l’inflation pour février était de 12 % au total, selon l’indice des prix à la consommation de Statistics Sweden.

Cela signifie une nouvelle augmentation, due en grande partie à la hausse des prix des denrées alimentaires, bien que l’on s’attende à une détente au printemps.

L’apaisement est susceptible de se produire de toute façon. Mais les nouvelles statistiques anéantissent l’espoir d’un retour rapide et sans heurts à la normale en matière de hausse des prix.

L’inflation repart à la hausse

La hausse rapide des prix des denrées alimentaires contribue à une nouvelle augmentation du taux d’inflation, qui a atteint 12 % en février. Le graphique montre la contribution à l’inflation globale par catégorie de biens et services.

L'inflation repart à la hausse

Source : SCB. Graphique : DN.

Pourquoi la misère est-elle si têtue ?

La question est vraiment lancinante, d’autant plus qu’après tout, beaucoup de choses ont joué en défaveur du consommateur au cours des six derniers mois. Les prix du pétrole, du gaz et des matières premières agricoles ont grimpé en flèche avec l’invasion de l’Ukraine par Poutine. Mais depuis le début de la guerre, les marchés se sont calmés.

La crise alimentaire redoutée ne s’est pas matérialisée. La récolte mondiale de blé de l’année dernière a été la plus importante depuis de nombreuses années. Les prix sur le marché mondial se sont normalisés.

L’absence de la crise énergétique profonde qui menace l’Europe. L’hiver a été plus léger qu’on ne le pensait. La situation sur le marché de l’énergie ne peut toujours pas être qualifiée de normale, mais elle est loin d’être catastrophique.

La semaine dernière, le Premier ministre Ulf Kristersson a fait un commentaire inhabituel sur la situation : « Il faut savoir raison garder ».

Il est en effet de plus en plus difficile d’avaler une inflation élevée quand elle n’a plus de source évidente. La guerre ne semble plus être la cause principale. Ce sont peut-être plutôt les effets persistants de la pandémie qui sont les plus obsédants. L’arrêt et la mise sous tension de l’ensemble de l’économie mondiale, tout en abreuvant les grands pays de plans d’aide, ont peut-être eu des effets plus gênants et plus durables qu’on ne le pensait au départ.

La conséquence la plus concrète de l’inflation continue est que de plus en plus de personnes en Suède ont des difficultés à manger.

Ou peut-être que les deux facteurs – la pandémie et la guerre – ont plutôt déclenché une « inflation des passeports ». La combinaison de l’augmentation des coûts et des perturbations économiques a fourni un prétexte aux entreprises pour augmenter leurs prix comme elles ne l’avaient jamais fait auparavant.

Les exemples les plus concrets conséquence la plus concrète de l’inflation continue est que de plus en plus de Suédois ont du mal à manger à leur faim. Les Suédois s’appauvrissent.

La Riksbank a également des problèmes. Le plan précédent, qui consistait à n’augmenter que légèrement le taux directeur par rapport aux 3 % actuels, pourrait être modifié. Si c’est le cas, les effets seront garantis pour les millions de Suédois qui ont des hypothèques importantes.

La prochaine décision sur les taux d’intérêt sera prise en avril. D’ici là, nous aurons le temps de consulter les chiffres de l’inflation pour le mois de mars et d’en savoir plus sur les conséquences des turbulences entourant les banques de niche américaines pour l’économie mondiale.

Mais il y a de plus en plus d’indications d’une augmentation substantielle, et plus encore par la suite.

Lire la suite :

L’inflation atteint 12 pour cent

Ruée sur les prix : De combien votre nourriture est-elle plus chère aujourd’hui ?