Le 28 mars dernier, le compositeur japonais Ryuichi Sakamoto est décédé.

Pendant des décennies, il a été l’un des compositeurs et musiciens les plus célèbres du pays, surtout connu en Occident pour ses musiques de films telles que « Merry Christmas, Mr Lawrence », « The Last Emperor » et « The Revenant », entre autres.

Six mois avant sa mort, Sakamoto, atteint d’un cancer, s’est efforcé d’organiser une dernière représentation. Il s’agissait de lui, d’un piano et d’un public réduit à quelques caméras. Le résultat fut le film de concert « Sakamoto : Opus ».

Ce n’est pas un film documentaire

Le film a été réalisé par son fils Neo Sora.

– On a dit que c’était un documentaire, mais ce n’en est pas un », déclare Sora lorsque TT le rencontre au festival du film de Venise.

– S’il s’était agi d’un documentaire, nous aurions pu ajouter des faits sur sa vie et sa maladie. Mais nous ne l’avons pas fait. Ici, vous écoutez la musique et, pour moi, elle raconte l’histoire de sa vie.

Le film a été tourné en huit jours. La santé de Sakamoto était si fragile qu’il ne pouvait jouer que trois morceaux par jour et le nombre de reprises a été réduit au minimum. Le film dure 102 minutes, la caméra se déplaçant lentement au rythme d’une musique contemplative qui va d’échantillons de la musique de film de Sakamoto à la musique qu’il a créée avec le Yellow Magic Orchestra.

Voulait correspondre à la musique

Neo Sora et son photographe Bill Kerstein, qui fait également partie de l’interview, expliquent comment ils ont essayé de personnaliser chaque prise de vue en fonction de la musique jouée et comment ils ont dû travailler dur pour empêcher le plancher de grincer dans le vieux studio où ils travaillaient.

– Nous avons écouté attentivement chaque mélodie pour essayer d’en saisir l’atmosphère. Nous voulions également capturer le visage de Sakamoto, qui réagissait à la musique avec différentes expressions, et ses doigts lorsqu’il jouait.

Ryuichi Sakamoto était un homme qui vivait et respirait la musique. Son fils dit que c’est en partie ce qui a motivé son père à réaliser ce film de concert.

– Pour lui, la musique était quelque chose d’aussi banal que se promener ou manger. Le piano était toujours là, il s’asseyait toujours et composait.

L’équipe du film « Merry Christmas, Mr Lawrence » en 1983. De gauche à droite, le producteur Jack Thomas, le compositeur Ryuichi Sakamoto, David Bowie, qui a joué l’un des rôles principaux, et le réalisateur Nagisa Oshima. Photo d’archives. Photo : Jacques Langevin/AP/TT