
La Suède vient de subir une première salve d’attentats. Des opérations de sabotage ont été menées contre son réseau électrique et ses télécommunications. Une campagne de déstabilisation est en cours. Malgré un ordre de mobilisation partielle diffusé à la radio le lundi 24 avril, les combats s’intensifient dans le sud du pays. Le royaume scandinave demande alors des renforts à ses alliés. Les Américains ont envoyé un bataillon de 700 marines. Les Finlandais débarqueront bientôt dans l’ouest du pays, tandis que la France a dépêché sa frégate Normandie dans le port de Göteborg.
Purement fictif, ce scénario est celui de l’exercice « Aurora 23 », qui a débuté le 17 avril, en Suède, et se poursuivra jusqu’au 11 mai. Avec la participation de 26 000 soldats de quatorze pays, mobilisés sur la quasi-totalité du territoire, il s’agit du plus grand exercice militaire organisé par le royaume scandinave au cours des vingt-cinq dernières années.
Prévu pour 2020, il a dû être reporté en raison de la pandémie. Entre-temps, le contexte a radicalement changé : le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine. Moins de deux mois plus tard, le 18 mai, Stockholm et Helsinki présentent leur candidature à l’OTAN. Si la Finlande a officiellement rejoint l’Alliance atlantique le 4 avril, la Suède attend toujours le feu vert de la Turquie et de la Hongrie.
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« Un signal pour le reste du monde
« Aurora 23 » n’est donc pas « pas un exercice de l’OTAN »souligne le ministre suédois de la Défense, Pal Jonson. Néanmoins, il estime qu’il devrait permettre à la Suède de « se préparer à devenir un membre à part entière » de l’Alliance, « en s’entraînant et en renforçant son interopérabilité avec les autres pays membres de l’OTAN ». « Nous envoyons un signal au reste du monde qui montre que nous sommes prêts à défendre notre territoire et à collaborer avec d’autres pays »a-t-il déclaré.
En visite la veille à Göteborg pour suivre un exercice amphibie, Pal Jonson s’est rendu brièvement, vendredi 28 avril, à Skövde, dans le sud du pays, où les grandes manœuvres allaient commencer. Depuis une dizaine de jours, environ 4 000 soldats y ont convergé : plusieurs bataillons suédois, composés essentiellement de conscrits, mais aussi un bataillon mécanisé finlandais, une compagnie britannique, un peloton danois et un bataillon américain.
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Originaires de Caroline du Nord, les marines sont arrivés en Norvège à la mi-janvier, pour participer à un entraînement en conditions extrêmes, au nord du cercle polaire, avant de rejoindre l’exercice » Viking Seal « , organisé par la défense norvégienne, du 6 au 16 mars. Ils ont franchi la frontière le 17 avril, par la route : une opération qui a mobilisé plusieurs régions et agences gouvernementales, mettant à l’épreuve la défense civile suédoise.
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