La liberté académique désigne la capacité des chercheurs à rechercher et à diffuser des connaissances de manière libre et indépendante.

Dans le rapport « Academic Freedom in Sweden », 53 % des 10 000 chercheurs, doctorants et enseignants interrogés ont déclaré que la liberté académique était remise en question aujourd’hui.

Les principales raisons sont le contrôle politique (29 %), le système de financement de la recherche (28 %) et l’existence d’un couloir d’opinion (10 %).

– Nous constatons qu’au niveau international, la liberté académique est bonne, mais qu’il y a des défis à relever. Il s’agit notamment de l’influence politique, du système de financement de la recherche, de l’examen éthique, mais aussi de l’environnement universitaire, qui est devenu plus étroit et plus normalisé », déclare Martin Bergman, l’un des auteurs du rapport.

Parmi les chercheurs qui ont répondu qu’il y avait des défis à la liberté académique, 33 % ont dit qu’ils avaient changé l’orientation de leurs recherches et 26 % ont dit qu’ils avaient évité de faire des recherches sur des sujets qui pourraient être controversés.

« Très inquiétant

Ce rapport s’inscrit dans le cadre du débat actuel sur la liberté académique. Le ministre de l’éducation, Mats Persson (L), qui a commandé le rapport, a déclaré à plusieurs reprises qu’il existait une culture de l’annulation qui menaçait la liberté académique. L’objectif du rapport était d’examiner cette question.

– Il est très inquiétant, et pire que je ne le pensais, que tant de chercheurs disent qu’ils ont changé de sujet de recherche parce que la liberté académique est restreinte », déclare Mats Persson.

Mais d’après ce rapport, le contrôle politique semble être le plus gros problème. Peut-on dire qu’il existe une culture de l’annulation dans les universités suédoises ?

– Il s’agit de deux questions différentes. Le contrôle politique doit toujours être discuté ; par exemple, nous sommes en train de réorganiser le système d’évaluation éthique, où de nombreux chercheurs ont critiqué un contrôle politique trop important. Mais le rapport montre qu’il existe une culture du silence et des tendances à l’autocensure qui sont très problématiques.