Je trouve 14 références à l’alcool parmi les dix morceaux. Il y a le whisky, le grog vert jusqu’à ce que le verre soit vide et qu’ils en réclament un autre, tout est permis. D’après les nouvelles conclusions du gouvernement, la consommation à risque figure déjà dans la piste 2. Peut-être faudrait-il apposer des étiquettes d’avertissement comme on le faisait aux États-Unis pour les textes dangereux ?

L’histoire commence typiquement dans un bar en 2011. Joakim Berg fait l’éloge du chanteur de Linköping après les Grammis. Ils ne se connaissent pas, mais cette rencontre donne lieu à des conversations au fil des ans. Lorsque Winnerbäck pense qu’il est temps de prendre un nouveau départ, il appelle Berg. Celui-ci contacte à son tour Martin Sköld.

On peut dire que la moitié de Kent a correspondu avec Winnerbäck (qui vit à Oslo) sur cet album, même si la production rappelle davantage l’album solo de Berg de l’année dernière. C’est moderne, serré et séduisant, sans que le protagoniste lui-même ne soit jamais en retrait. La voix et les histoires sont les siennes.

On a l’impression que qu’il avait taillé son crayon. Les histoires de la petite et de la grande vie se poursuivent, mais elles sont plus fortes. Comparez le morceau d’ouverture du nouvel album avec celui de l’année dernière. Les deux parlent de Stockholm, mais le nouveau « Vår gata i stan » va beaucoup plus loin. Le chagrin des 100 amis qui sont devenus 4 ou 5 et l’incendie des Corans.

C’est dans ce monde que se déroule « Neutron Star ». Une vie aisée dans un centre-ville divisé en classes sociales, avec l’ombre de l’âge mûr et des relations flétries. L’appartement est volé. Le coursier à vélo rose est en route avec son hamburger « artistique ». Mais le verre qui s’est vidé, c’est peut-être notre propre vie ? Ce avec quoi nous les avons remplies. Et à quel point il est devenu vide.

Tout s’additionne dans la conclusion « Our time ». Une suite ascendante sur l’ici et le maintenant. Des sœurs qui luttent et de la glace qui fond. Il pourra la jouer tout au long de sa vie comme une chanson d’adieu lors des concerts. Peut-être l’actualiser avec une nouvelle observation de temps à autre ?

Il sera également la dernière rencontre entre certains des plus grands noms de l’histoire du rock suédois. Le résultat est un grand album accueillant qui constitue un nouveau départ bien nécessaire et l’une des meilleures réalisations de Lars Winnerbäck. Un classique dans le catalogue. Cette étoile brillera encore longtemps.