La Suède relève le seuil de revenu minimum pour les demandeurs d’emploi non ressortissants de l’UE, dernière mesure en date prise par Stockholm pour contribuer à freiner l’immigration de masse.

Le jeudi 4 mai, la ministre des migrations, Maria Malmer Stenergaad, a annoncé que le seuil de revenu minimum serait porté à 2 534 euros par mois pour que les nouveaux travailleurs non ressortissants de l’UE puissent obtenir un permis de travail suédois. L’année dernière, le pays a délivré 24 000 permis de travail à des ressortissants de pays tiers. La nouvelle réglementation devrait entrer en vigueur en octobre.

La nouvelle politique est largement considérée comme une réponse à la montée des Démocrates suédois de droite, qui ont conclu un accord de confiance et d’approvisionnement avec le Parti modéré suédois centriste en octobre dernier.

Le gouvernement suédois a présenté sa nouvelle politique de permis de travail comme un moyen de réduire l’exploitation des travailleurs et affectera de manière disproportionnée le secteur des services, qui dépend fortement de la main-d’œuvre non européenne.

Les réformes ont été critiquées par des groupes d’entreprises qui estiment que les nouvelles règles entraîneront des coûts supplémentaires et des formalités administratives pour les employeurs.

Cette politique s’inscrit dans le cadre d’une campagne médiatique du gouvernement suédois visant à réduire le nombre d’immigrés extracommunautaires, les autorités affirmant que la moitié des personnes nées à l’étranger dans le pays sont incapables de subvenir à leurs besoins sans l’aide de l’État.

Autrefois l’un des principaux partisans européens de l’immigration de masse, la Suède a récemment adopté une position active contre l’immigration extracommunautaire au cours de sa présidence du Conseil de l’UE. Elle a notamment promu une série de mesures destinées à réduire le flux de migrants non européens en Europe, en utilisant les accords commerciaux comme levier contre les pays en développement afin de mieux contrôler l’immigration.

Les eurodéputés suédois se sont également opposés au Pacte européen sur l’asile, les Démocrates de Suède ayant menacé la semaine dernière de retirer leur soutien au gouvernement sur la question de l’immigration.

En réponse au populisme, le projet du gouvernement suédois espère réduire l’immigration extracommunautaire. Cependant, cela pourrait se faire au détriment des entreprises suédoises. L’avenir nous dira si ces réformes auront l’effet escompté, à savoir la réduction de l’immigration en Suède.