Vendredi, les actions de la Deutsche Bank ont fortement chuté, jusqu’à perdre 14,5 %. La Commerzbank allemande et la Société Générale française ont également perdu en bourse.

Les turbulences sur le marché financier européen font suite à deux faillites bancaires très médiatisées : la faillite de la banque américaine Silicon Valley Bank et l’acquisition par la banque suisse UBS de son concurrent en difficulté, le Crédit Suisse.

Plusieurs banques ont été touchées par les fortes hausses de taux d’intérêt des banques centrales mondiales. La Banque centrale européenne (BCE), qui fixe les taux d’intérêt pour les 20 pays de la zone euro, est aujourd’hui sur la corde raide : elle doit augmenter les taux d’intérêt pour freiner l’inflation sans aggraver la situation des banques.

La semaine dernière, la BCE a relevé son taux directeur d’un demi-point de pourcentage, le portant à 3,5 %.

Lors d’un sommet sur l’euro qui s’est tenu vendredi à Bruxelles, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a donné des nouvelles rassurantes : l’adéquation des fonds propres des banques européennes est bonne.

Président de l’Eurogroupe, l’Irlandais Paschal Donohoe, a résumé les discussions après la réunion :

– Nous estimons que nos banques sont résistantes et solides. Et les décisions que nous avons prises concernant le capital et la liquidité des banques garantissent qu’elles le resteront dans la période à venir », a-t-il déclaré.

Le président de l'Eurogroupe, l'Irlandais Paschal Donohoe, lors d'un sommet sur l'euro à Bruxelles.


Photo : Ludovic Marin / AFP

Les décisions auxquelles il est fait référence sont les nombreuses règles relatives à la surveillance et au sauvetage des banques adoptées par l’UE après la crise de l’euro, dans le cadre de l’union bancaire.

Partie du cadre réglementaire est bloquée dans les rouages décisionnels : une garantie commune des dépôts qui serait garantie par l’ensemble de la zone euro. L’Allemagne en particulier résiste.

Lors du sommet de l’euro à Bruxelles, plusieurs dirigeants ont appelé à faire avancer la réforme.

– La zone euro est aujourd’hui la zone où les banques sont les plus solides. Ce contexte doit nous inciter à accélérer l’achèvement de l’union bancaire. Il s’agit d’une garantie des dépôts avec un élément de solidarité européenne », a déclaré le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse.

L’union bancaire est ouverte également aux pays qui ne font pas partie de l’euro. Mais la Suède a jusqu’à présent choisi de ne pas en faire partie.

– Une étude a été réalisée pour montrer les avantages et les inconvénients. La dernière fois, la Suède a conclu qu’il n’était pas naturel pour elle de rejoindre l’union bancaire. La question reviendra certainement, mais il n’est pas question d’adopter une nouvelle position pour le moment », a déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson à l’issue de la réunion.

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