La Suède a accepté lundi d’extrader vers la Turquie un homme condamné pour trafic de drogue qui a également soutenu le PKK pro-kurde, une première depuis que la candidature de Stockholm à l’OTAN a été bloquée par Ankara.

La Turquie a accusé la Suède d’être un refuge pour les « terroristes », en particulier les membres du PKK, et a demandé à Stockholm de renvoyer des dizaines de personnes.

Le gouvernement a décidé « d’accorder une extradition de la Suède concernant un citoyen turc de 35 ans », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère de la Justice, Ashraf Ahmed.

Cette décision intervient après que la Cour suprême a autorisé en mai son rapatriement vers la Turquie, où il devrait purger une peine pour trafic de drogue.

La Turquie demande à la Suède de sévir contre les groupes extrémistes et de renvoyer des dizaines de suspects qu’Ankara estime liés au coup d’État manqué de 2016 et à la lutte des Kurdes pour un État indépendant qui dure depuis des décennies.

Le ministère suédois des Affaires étrangères a déclaré que des responsables des deux pays devaient se rencontrer mercredi pour discuter de la candidature de la Suède à l’OTAN, qui est dans l’impasse.

Le président turc de longue date, Recep Tayyip Erdogan, a été réélu en mai.

L’homme, dont l’extradition a été autorisée, a été condamné en 2014 à quatre ans et sept mois dans une prison turque pour avoir transporté un sac contenant du cannabis, selon l’arrêt de la Cour suprême suédoise.

Il a été libéré sur parole et s’est installé en Suède, mais a été arrêté en août de l’année dernière à la suite d’une demande des procureurs turcs.

L’homme s’est opposé à cette démarche, affirmant que la véritable raison pour laquelle il est recherché par les autorités turques sont ses liens avec le Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde et son soutien au PKK ou Parti des travailleurs du Kurdistan, un groupe inscrit sur la liste noire d’Ankara.

Dans sa décision, la Cour a indiqué qu’elle avait demandé au procureur turc s’il y avait des enquêtes en cours ou des accusations liées à une « organisation terroriste » ou à une « insulte au président turc », ce que les autorités turques ont nié.

La Turquie et la Hongrie sont les seuls États membres de l’OTAN à ne pas avoir encore ratifié la candidature de la Suède, qui doit l’être à l’unanimité.

Mettant fin à deux siècles de neutralité et de non-alignement militaire, la Suède et la Finlande voisine ont annoncé leur candidature à l’adhésion à l’OTAN en mai 2022, trois mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Alors que la candidature de la Suède se heurte toujours à une opposition, la Finlande a réussi à devenir le 31e membre de l’OTAN le 4 avril.

Pour connaître tous les derniers titres, suivez notre chaîne Google News en ligne ou via l’application.

Plus d’informations :

La Suède approuve l’extradition d’un partisan du PKK : Rapport

La Suède, la Turquie et la Finlande s’apprêtent à discuter de l’adhésion de la Suède à l’OTAN

Secrétaire général de l’OTAN : La décision sur la Suède est « à portée de main » étant donné la « fenêtre » après les élections en Turquie