Mercredi, Salwan Momika, un réfugié irakien vivant en Suède, a mis le feu à un exemplaire du Coran devant la mosquée centrale de Stockholm, alors que les musulmans du monde entier commençaient à célébrer la fête de l’Aïd-al-Adha. Il n’est pas surprenant que de nombreux gouvernements musulmans aient immédiatement condamné la Suède pour avoir laissé faire et pour ne pas avoir arrêté l’homme. Il n’est pas non plus surprenant que le premier ministre suédois ait défendu la liberté d’expression de l’homme tout en qualifiant cet acte provocateur de « légal mais pas approprié ».


La colère générée par ces conflits de valeurs n’a rien de nouveau. Dans ce cas, cependant, les implications vont bien au-delà des relations de la Suède avec les pays musulmans. La Suède est sur le point d’adhérer à l’OTAN en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Son gouvernement espère que cette étape pourra être formalisée avant le sommet de l’OTAN en juillet. Le ministre des affaires étrangères de la Turquie, membre de l’OTAN, qui a le pouvoir de bloquer l’adhésion de la Suède, a réagi à l’événement qui s’est déroulé à Stockholm : « Il est inacceptable d’autoriser ces actions anti-islamiques sous le prétexte de la liberté d’expression. Fermer les yeux sur ces actes odieux, c’est en être complice ».

Certains experts ont estimé que le président turc Recep Tayyip Erdogan autoriserait l’adhésion de la Suède une fois qu’il aurait remporté les élections du mois dernier. Cet obstacle a été franchi. D’autres mesures incitatives pourraient persuader Erdogan de donner son feu vert à la candidature de la Suède. Mais brûler publiquement le Coran en plein Stockholm n’y changera rien.