La militante suédoise pour le climat Greta Thunberg a été condamnée lundi à une amende pour avoir désobéi à la police lors d’un rassemblement le mois dernier, mais elle a déclaré avoir agi par nécessité en raison de la crise climatique.

La jeune femme de 20 ans a comparu devant le tribunal de Malmö, dans le sud de la Suède, après 11 heures (0900 GMT) lundi, sans répondre aux questions des journalistes.

L’activiste a « participé à une manifestation qui a perturbé la circulation » et « refusé d’obéir aux ordres de la police de quitter le site », selon l’acte d’accusation vu par l’AFP.

« Il est exact que j’étais à cet endroit ce jour-là, et il est exact que j’ai reçu un ordre que je n’ai pas écouté, mais je veux nier le crime », a déclaré Mme Thunberg au tribunal lorsqu’elle a été interrogée sur l’accusation portée contre elle.

Thunberg a déclaré qu’elle avait agi par nécessité, citant le besoin créé par la « crise climatique ».

Après un court procès, le tribunal a néanmoins estimé qu’elle était responsable de ses actes et l’a condamnée à payer une amende de 1 500 couronnes (144 dollars), plus 1 000 couronnes supplémentaires au fonds suédois pour les victimes de crimes.Le rassemblement, organisé par le groupe de militants écologistes « Ta tillbaka framtiden » (Réapproprie-toi l’avenir), a tenté de bloquer l’entrée et la sortie du port de Malmö pour protester contre l’utilisation des combustibles fossiles. « Nous choisissons de ne pas être des spectateurs, et au contraire d’arrêter physiquement l’infrastructure des combustibles fossiles. Nous nous réapproprions l’avenir », a déclaré Thunberg dans un post Instagram à l’époque.

Mme Thunberg est devenue célèbre dans le monde entier après avoir entamé, à l’âge de 15 ans, sa « grève des écoles pour le climat » devant le parlement suédois à Stockholm.

Avec un petit groupe de jeunes, elle a fondé le mouvement « Fridays for Future », qui est rapidement devenu un phénomène mondial.

En plus de ses grèves pour le climat, la jeune activiste dénonce régulièrement les gouvernements et les hommes politiques qui ne s’attaquent pas correctement aux problèmes climatiques.

Reclaim the Future insiste sur le fait qu’en dépit des pressions juridiques, elle ne fléchit pas dans sa détermination à s’opposer à l’industrie des combustibles fossiles.

« Si le tribunal choisit de considérer notre action comme un crime, il peut le faire, mais nous savons que nous avons le droit de vivre et que l’industrie des combustibles fossiles y fait obstacle », a déclaré Irma Kjellstrom, porte-parole du groupe, à l’AFP.

Six membres de l’organisation comparaîtront devant le tribunal de Malmö, a-t-elle précisé.

« Nous, les jeunes, n’allons pas attendre, mais nous allons faire ce que nous pouvons pour arrêter cette industrie qui brûle nos vies », a-t-elle déclaré, expliquant les plans du groupe pour poursuivre la désobéissance civile.