Le Nosferatu de Murnau, réalisé en 1922, a été interdit en Suède pour cause de « peur excessive », mais il y a bien longtemps que les vampires font vraiment peur aux gens. Le vampire a plutôt été utilisé pour raconter des histoires sur la vulnérabilité et l’exclusion, et ces dernières années, il y a eu beaucoup d’histoires de vampires à la fois drôles et sexy.

La série télévisée « What we do in the shadows » (Ce que nous faisons dans l’ombre), par exemple, fait preuve d’humour en suivant un collectif de vampires contemporains à Staten Island. Des morts-vivants centenaires qui endurent des réunions du conseil municipal mortellement ennuyeuses, recherchent des « vierges » parmi les joueurs de GNL et organisent des réunions ennuyeuses à la maison.

Le film Humanistic Vampire Seeks Suicidal Volunteer de la réalisatrice canadienne Ariane Louis-Seize réussit non seulement à faire de l’humour sur les vampires, mais aussi à créer un sentiment de bien-être. Un vrai film qui fait du bien.

L’adolescente vampire Sasha est 68 ans et vit au Canada francophone. Elle a une famille aimante qui l’emmène avec anxiété chez des médecins et des psychologues vampires pour savoir pourquoi la jeune fille refuse de se nourrir d’humains. Mais à 68 ans, elle devrait être capable de chasser pour elle-même au lieu d’exiger des poches de sang de luxe qu’elle suce comme un jus de fruit.

Son père lui fait des papouilles, mais sa mère décide, épuisée, que trop c’est trop. La jeune fille doit mettre de l’ordre dans ses crocs et commencer à abattre ses propres proies. « Je ne peux pas chasser pour nous tous pendant 200 ans ». C’est alors que Sasha rencontre Paul, un garçon humain qui a été malmené toute sa vie et qui ne demande qu’à mourir. Peuvent-ils travailler ensemble ?

Le « vampire humaniste » de Louise-Seize est esthétiquement parfait. La photographie est sombre et saturée, la musique et les costumes sont amusants, et la nuit est éternelle dans cette petite ville laide où les bâtiments sont si bas qu’on ne peut même pas se tuer en sautant d’un toit. De plus, l’interaction entre les membres hétéroclites de la famille de vampires est vraiment amusante. Les portraits ne sont pas très profonds, surtout celui du pauvre Paul, mais ce n’est pas grave.

C’est un film qui donne le sentiment inhabituel qu’il s’est déroulé exactement comme les réalisateurs l’avaient prévu.