
La finale de Reservation Dogs se termine par un enterrement. Mais pour les créateurs de la série, Sterlin Harjo et Taika Waititi, un enterrement n’est pas forcément une affaire triste.
Le mot « au revoir » n’existe pas dans notre langue », dit l’esprit William Knifeman au jeune Bear. (Oui, les esprits sont fréquents dans la série, de même que les extraterrestres et d’autres êtres).
Il s’agit d’une conclusion digne de ce nom pour l’une des meilleures séries télévisées de ces dernières années, l’une des plus drôles et l’une des plus négligées.
Reservation Dogs se déroule dans une réserve du peuple séminole de l’Oklahoma. Pendant trois saisons, nous avons suivi les adolescents Bear, Elora, Cheese et Willie Jack à la suite du suicide de leur ami Daniel.
Cela a commencé par le vol d’un camion de chips et s’est poursuivi par un voyage dramatique en Californie, qui s’est terminé par une contemplation mélancolique du vieillissement et du retour à la maison.
Reservation Dogs est une série sauvage – idiosyncrasique, vibrante et multigenre. Nous quittons soudain le courant dominant pour nous plonger dans l’enfance d’un oncle, ou dans l’histoire de l’obtention des sabots de la mortelle The Deer Lady.
Mais avec le recul, un ensemble élégant se dessine : une histoire sans histoires d’amour, mais qui parle toujours d’amour.
Reservation Dogs est essentiellement une déclaration d’amour pour le terme anglais difficile à traduire de « community » – communauté, famille.
Il montre avec tendresse comment le groupe prend soin des siens : avec la cuisine collective, une main sur la poitrine du mourant, une évasion ratée de l’asile.
Beaucoup d’histoires parlent de du départ, de la réalisation de soi. Ici, il s’agit de rester et d’être absorbé par un ensemble plus vaste.
« Tout est lié » est la devise de la troisième saison. L’accent est mis sur l’ancienne génération, notamment sur l’oncle Maximus (Graham Greene), un solitaire psychotique dont le retour dans la réserve nous rappelle que certaines blessures ne peuvent être guéries qu’en les gardant ouvertes.
Voilà ce qu’il faut retenir : la réalisation de soi ne se trouve pas nécessairement là-bas. Mais en rentrant chez soi, en nourrissant ce qui était déjà là.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
