Celui qui possède ce super pouvoir est Aatami Korpi, un légendaire soldat d’élite, taillé dans un bloc de granit. Il a tourné le dos à la guerre, s’est installé en Laponie pour chercher de l’or et a réussi à extraire toute une veine d’or du flanc d’une colline. Alors qu’il se dirige vers le sud pour échanger le métal contre de l’argent, il rencontre une unité allemande qui, maintenant que la guerre est perdue, met en place des tactiques de terre brûlée, détruisant les villages finlandais dans leur retraite.

Les nazis, dirigés par norvégien Axel Hennie (« Max Manus »), veulent s’emparer de l’or du héros et c’est ainsi que commence une orgie de violence amputatoire d’environ 80 minutes. Les nazis parlent un anglais sibilant (même entre eux, ce qu’ils n’ont pas fait à l’écran depuis les années 60 ?) et sont diaboliques jusqu’à la moelle – oui, ils ont même mis un bâton de dynamite sur un joli chien sans aucune honte.

Aatami Korpi est est à son tour si coriace qu’il fait passer son parent Rambo pour un boy-scout maladroit, et si compétent dans le massacre d’occupants malveillants que l’adhésion de la Finlande à l’OTAN semble plutôt superflue.

« Sisu » est en partie de l’action de jeunesse sans QI, mais encore plus de Tarantino auto-ironique qui divertit toujours pour le moment et à la fin aussi un peu de viol-revanche quand les jeunes femmes exploitées par les nazis obtiennent leur juste vengeance sanglante.

Réalisateur finlandais de films de genre Jalmari Helander s’est donné pour mission de filmer le concept national de Sisu dans son pays d’origine. C’est un vieux mot difficile à jalouser, et ici, dans le film, il doit être interprété à peu près comme : ne jamais abandonner. Une adaptation cinématographique de la langue nationale suédoise ne serait probablement pas aussi attrayante : « Lagom – le film ».