Les attaques terroristes à Paris 13 novembre 2015 ont causé 130 morts, 495 blessés et un traumatisme national. Le président Hollande a donné à la police les coudées franches et des ressources illimitées – les coupables devaient être trouvés. Et c’est ce qui s’est passé, après cinq jours de travail policier intense.

Transformer son chagrin en art est un moyen de le surmonter, et plusieurs œuvres ont déjà été créées autour de l’attentat de 2015. Le livre d’Antoine Leiri « Ma haine, tu ne peux pas l’avoir » traite du deuil de sa femme, et le film d’Alice Winocour « Paris Memories » dépeint les séquelles psychologiques d’un survivant.

« Novembre » n’est rien d’une telle chose. Il s’agit plutôt d’un hommage pur et simple au travail de la police. Un hommage aux Français qui travaillent dur et qui parviennent à accomplir une tâche presque impossible dans des délais très serrés. Comment trouver un terroriste ?

Le réalisateur Cédric Jimenez a le bon goût de ne pas montrer les meurtres proprement dits, mais de se concentrer sur l’équipe antiterroriste de la police et en particulier sur son chef Fred (Jean Dujardin de « The Artist »). La plupart des choses se passent bien, mais certaines tournent mal. De fausses pistes, une mort accidentelle par balle, un témoin incroyablement mal traité. Le tout raconté avec les astuces familières du genre thriller – des coupes rapides et une caméra à la main.

C’est un film qui est un film admiratif. La scène finale du film, une attaque armée où les balles claquent pendant plusieurs minutes, respire le patriotisme à l’américaine. On peut se demander quel est le but recherché. Il ne faut pas sous-estimer l’exploit de la police. Mais a-t-on besoin d’une reconstitution, conçue comme un thriller dussin, pour le souligner ?

Heureusement, le film aborde aussi le fait que leur travail n’aurait pas été aussi facile s’il n’y avait pas eu de héros à l’extérieur du commissariat. Des témoins qui ont risqué leur vie, qui ont agi en fonction d’une boussole morale intérieure, et non de leur bureau. Le film est à son meilleur lorsqu’on les voit eux aussi.