Didrik Mårtensson va plus loin que les autres dans le village de Lillvattnet et son regard se porte désormais sur la nouveauté de l’époque, le chemin de fer, promesse de développement et de modernité.

« Amenons Stockholm ici pour que les jeunes restent ». Le seul problème, c’est que les trains vont aussi vers le sud, mais les pensées de Didrik n’en sont pas encore là. Et avant cela, tout va s’écrouler.

Didrik est le personnage principal dans la bien-aimée Suite ferroviaire de Sara Lidman. Cinq parties (ou sept, selon la façon dont vous comptez) sur la vie dans un village de l’intérieur du Västerbotten à la fin du 19e et au début du 20e siècle, lorsque le chemin de fer est construit et que la vie change. Il s’agit d’une épopée à plusieurs niveaux avec d’innombrables personnages, écrite dans le jargon très particulier de Lidman.

Le scénario est écrit par Dag Thelander, qui a réussi à combiner une vaste série de romans en un drame bien composé, dont la musique est l’élément principal. L’ensemble est serré et drôle, chantant et dansant selon une mise en scène et une chorégraphie bien équilibrées. La pièce ressemble parfois à une pièce de théâtre folklorique, mais elle reste bien équilibrée et bien réglée.

Le chemin de fer est une histoire sur l’avancée de la modernité, certes, mais aussi sur l’exploitation précoce des forêts suédoises. Et la représentation a lieu dans un Skellefteå où l’on ne peut même pas se rendre en train, où les douleurs de la croissance se font sentir dans le sillage des usines de batteries vertes, dans un centre culturel nouvellement construit entièrement en bois et qui porte le nom de Lidman. Ironie de l’histoire ou circularité de la vie ? Peu importe, avec Jernbanan, le théâtre se place au milieu du village et fournit à la perte un arrière-plan historique.