Cela commence comme un jeu pour le spectateur et le cinéaste : Rome 1946. Le style est celui du néoréalisme italien, imitant des classiques tels que « Rome, ville ouverte » (1946) et « Le voleur de bicyclette » (1948). Mais avec du hip hop.

Delia (Cortellesi) réveil tôt, nourrit son mari Ivan et leurs trois enfants, endure les abus de son beau-père et fait ensuite autant de courses et de petits boulots que possible pour mettre de la nourriture sur la table (ou plutôt pour financer les visites de son mari au bordel et ses parties de poker). Elle est maltraitée, exploitée et négligée. C’est une femme.

L’Italie a du retard à rattraper dans son histoire patriarcale. Par exemple, ce n’est qu’en 1981 qu’a disparu la loi stipulant que le viol n’était pas un crime si l’homme épousait ensuite la femme. La femme en question se déshonorait et déshonorait sa famille si elle n’acceptait pas l’arrangement. On ne peut qu’imaginer le nombre de vies tragiques que cette loi a créées.

Le fonds est donc sombre mais jamais pitoyable. Il s’agit plutôt d’une comédie dramatique avec des éléments de satire et de comédie physique. Une femme battue est jouée comme sur une scène de théâtre. Une danse chorégraphiée où le langage corporel, et non les ecchymoses, révèle la relation de pouvoir.

L’aspect du film est empreint d’une ironie contrôlée. Dans l’Italie de l’après-guerre, les cinéastes néoréalistes voulaient dépeindre la réalité des classes inférieures. La plus basse de toutes était la femme, qui n’avait pas de voix propre. Littéralement, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1946.

Mais peu d’Italiens Mais peu d’œuvres contemporaines italiennes sont basées sur la vie des femmes, et le nombre de réalisatrices dans ce genre est nul. Le fait que l’actrice et chanteuse Cortellesi, âgée de 50 ans, choisisse de raconter son film de cette manière est donc un commentaire en soi. Et elle le fait avec brio. Il s’agit d’une merveilleuse œuvre d’art cinématographique.