Dag Hammarskjöld était l’un des hommes d’État suédois les plus éminents, connu pour son intégrité et ses talents diplomatiques en tant que secrétaire général des Nations unies. L’image publique de lui en tant que personne privée est moins claire, bien que « Vägmärken », son recueil de poèmes en prose publié à titre posthume, témoigne d’une vie intérieure spirituelle.

Cette contradiction est mise en évidence dans le film de Peter Fly, dans lequel Mikael Persbrandt dépeint Hammarskjöld comme un homme droit et courageux dans son rôle professionnel, mais solitaire, tourmenté et faible dans sa vie privée.

Mikael Persbrandt est ne ressemble pas beaucoup à son homologue dans la vie réelle, mais il incarne agréablement la dignité hautaine du diplomate dans le rôle. Mais comme souvent dans les biopics, la révérence pour le sujet glisse vers l’hommage pur et simple. Hammarskjöld est ici présenté comme la seule personne de toute l’ONU qui se préoccupe de l’Afrique.

Sa faiblesse est qu’il est trop ferme dans son désir de faire le bien et c’est pour cela qu’il assume le rôle de martyr. D’un autre côté, il semble proche, car son poème le plus célèbre commence par « La route, vous la suivrez. Le bonheur, vous l’oublierez ». En d’autres termes, le devoir et l’idéologie l’emportent sur l’ego.

Le film est très est très clair sur deux points : la mort d’Hammarskjöld n’était pas un accident et il était homosexuel. Deux affirmations qui ont fait l’objet de spéculations pendant des décennies. En les établissant de cette manière, le film donne une interprétation presque sans ambiguïté de Hammarskjöld en tant que personne : lorsqu’il monte dans l’avion en 1961, il se sacrifie consciemment pour sa cause et ses poèmes cachés expriment un désir refoulé de proximité.

C’est peut-être le cas, bien sûr, mais le film ne permet pas une telle possibilité. Mais la clarté n’a pas que des inconvénients, le film explique de manière exhaustive les problèmes persistants du colonialisme et le rôle de plus en plus miné de l’ONU. Deux choses qu’il est urgent de mettre en avant aujourd’hui et pourquoi pas de cette manière, en hommage à un homme qui voulait changer le monde.