Le réalisateur Kim Ki-yeol vient de terminer le tournage de son prochain film lorsqu’il lui vient l’envie de refaire la fin. En fait, presque tout le film. Au lieu d’une nouvelle dinde, il est convaincu qu’il s’agira d’un chef-d’œuvre. La sueur commence à couler lorsqu’il faut à nouveau faire appel à tous les acteurs dotés de diverses divinités et que les censeurs, qui découvrent que le scénario a été réécrit, doivent être lavés à l’eau-de-vie.

Kim est animé d’une forte vision artistiquemais aussi par le sentiment d’être un imposteur. Il a toujours vécu dans l’ombre de son mentor, « le grand maître », et des rumeurs circulent selon lesquelles il aurait volé le scénario de son premier film acclamé.

Jee-Woon Kim vise haut avec un méta-film sophistiqué mais stupide sur la réalisation de films. Nous voyons le film dans le film en noir et blanc, et le film sur le film en couleur. Les passages en noir et blanc occupent à peu près la même place que le drame de la réalisation du film, ce qui rend cette double farce tordue encombrante et molle. Deux heures et quinze minutes de course et d’agitation sont pour le moins épuisantes.

Le choc de l’artiste avec les règles de la société est un bon sujet de film. Je pense par exemple à l’excellent film sur Dalton Trumbo et la campagne anticommuniste. Même ici, en Corée du Sud, dans les années 1970, les censeurs aiment voir des films où les communistes nord-coréens brûlent dans une mer de feu. Malheureusement, Jee-Woon Kim ne permet pas que cela se produise ; l’agence de censure n’est qu’une distraction de plus.

Le grand final est une « séquence d’avion », un long travelling ininterrompu. Lorsque vous voyez la longue séquence en un seul plan, et que vous suivez Kim courant derrière la caméra, le sens du mouvement et de l’action amusante de Jee-Woon Kim prend enfin tout son sens.

Mais ce n’est pas suffisant. Comparé au « Manchurian steampunk western » de Jee-Woon Kim, « The Good, the Bad, the Weird », au rythme rapide et très drôle, « Cobweb » est étonnamment lent et désordonné. Pire encore, Song Kang-Ho dans le rôle principal n’atteint pas les sommets comiques dont il est capable, comme il l’a montré dans Parasite (réalisé par Bing Joon Ho) et dans le western susmentionné.