Au cours de l’été 1956, la Réserve fédérale américaine a relevé six fois son taux d’intérêt directeur en réponse à la hausse de l’inflation. John William Wright Patman, membre du Congrès du Texas, s’est emporté : « Ils essaient d’éteindre un feu en versant de l’essence dessus !

Wright Patman était un joueur avisé, doué pour faire les gros titres. Mais le problème est simple. Les taux d’intérêt représentent un coût pour les entreprises qui ont contracté des prêts. Et qui dit hausse des coûts dit hausse des prix à la consommation, ce qui est exactement ce que la Fed essayait d’éviter.

Depuis lors, la économistes parlent parfois de l’effet Wright Patman.

Les agriculteurs suédois le ressentent en ce moment même. Alors que le choc des prix du carburant, de l’électricité, des aliments pour animaux et des engrais s’estompe, leurs frais d’intérêt augmentent. Cela va encore coûter cher. D’autres entreprises fortement endettées ont les mêmes problèmes.

Photo : Lotta Härdelin

Le problème est donc réel même pour les banques centrales. Il est reconnu depuis longtemps que le relèvement des taux directeurs peut en fait entraîner une augmentation des prix et une hausse de l’inflation, en particulier à court terme.

Bien sûr, cet effet est compensé par toutes les autres conséquences qui apparaissent dans l’économie et réduisent les pressions inflationnistes. Mais ce gain intervient souvent un peu plus tard.

Combien de temps après ? C’est très incertain.

Et quelle est l’importance des effets contraires ? Il est également difficile de le savoir.

Au cours des derniers mois, le l’inflation en Suède a commencé à baisser. La question qui se pose à la Riksbank est de savoir si cette baisse est suffisamment rapide. Et si les hausses de taux d’intérêt seront suffisantes pour atteindre l’objectif de 2 % au cours de l’année à venir.

Tant que nous ne serons pas proches des 2 %, il sera extrêmement difficile d’évaluer si la politique des taux d’intérêt a été bien menée. L’effet Wright Patman implique le risque que la Riksbank interprète mal les chiffres de l’inflation et augmente trop les taux d’intérêt.

Mais il y a aussi d’autres difficultés.

Cette semaine, l’Autorité de surveillance financière qu’il existe toujours un « risque élevé de désordre sur les marchés financiers ». La situation est certes plus calme aujourd’hui, après le chaos qui a entouré la niche bancaire américaine. Mais le danger n’est pas écarté.

En l’espace d’un an, les taux directeurs en Europe et aux États-Unis sont passés de 0 à environ 4-5 %. Il faudra beaucoup de temps pour que ce choc se répercute sur les économies.

On ne peut pas dire que les hausses de taux d’intérêt alimentent le feu de l’inflation. Mais l’agent extincteur de la Riksbank n’est pas aussi simple et sans risque qu’on le dit parfois.