L’étude, publiée dans la revue Nature, a impliqué plus de 200 chercheurs du monde entier. Ils ont utilisé plusieurs méthodes différentes pour mesurer l’absorption du carbone par les forêts. Selon les chercheurs, les résultats exigent que nous réduisions également les émissions de gaz à effet de serre, notamment parce que le changement climatique peut affecter la capacité des forêts à absorber le carbone.

Les forêts existantes, une solution clé

Les chercheurs estiment qu’environ 60 % du carbone peut être capturé en préservant et en gérant les forêts existantes. On estime que le reste du carbone peut être capté en restaurant les forêts dans les zones peu touchées par l’homme.

Le fait que les forêts soient riches en biodiversité est également crucial pour que les forêts puissent stocker autant de carbone que possible, écrivent les chercheurs. Stig-Olof Holm, maître de conférences en écologie à l’université d’Umeå, explique que les forêts à faible biodiversité sont moins résistantes au changement climatique.

– Ces forêts deviennent plus sensibles aux attaques d’insectes et de champignons, aux incendies, etc. lorsque le climat devient plus chaud et plus humide.

Une grande opportunité de stocker plus de carbone dans les forêts suédoises

Selon Stig-Olof Holm, l’étude est très pertinente pour la Suède, car nous avons beaucoup de forêts ici par rapport à de nombreux autres pays du monde.

– Nous avons un énorme potentiel pour augmenter le stockage du carbone en Suède en réduisant la déforestation, principalement dans les forêts mixtes plus anciennes, qui sont plus diversifiées.

Il explique que l’exploitation forestière a augmenté ces dernières années en Suède. Aujourd’hui, les terres forestières productives du pays sont gérées par l’abattage des forêts et la plantation de nouveaux arbres. La forêt en croissance fixe le dioxyde de carbone. Elle peut donc être considérée comme neutre en carbone, selon l’industrie forestière, par exemple. Mais Stig-Olof Holm pense que la forêt plantée après l’abattage repousse si lentement que nous devrions plutôt considérer l’abattage comme une émission.

– Il faut jusqu’à 100 ans pour que la forêt fixe le carbone. Il sera donc bien trop tard pour respecter l’accord de Paris et parvenir à des émissions nettes nulles d’ici 2050, car la quasi-totalité des émissions seront encore dans l’atmosphère à ce moment-là, explique-t-il.