
La ratification attendue de l’adhésion de la Suède à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord a pris de l’ampleur la semaine dernière avec le discours prononcé par le président turc Tayyip Erdogan lors du sommet de l’alliance à Vilnius. L’adhésion de la Suède permettra aux alliés de renforcer leur force navale en mer Baltique et dans la Finlande voisine.
Le discours dans lequel Erdogan a déclaré qu’il œuvrerait en faveur de l’adhésion de la Suède est une réussite pour le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et pour la diplomatie suédoise. La Suède et la Turquie ont collaboré étroitement pour répondre aux demandes de la Turquie, ce qui a entraîné des changements constitutionnels et juridiques en Suède. La coopération s’est étendue aux efforts de lutte contre le terrorisme et un nouvel accord de sécurité bilatéral a été établi. En outre, la Suède soutient activement les initiatives visant à relancer les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE et prend ces mesures pour ouvrir la voie à sa propre adhésion à l’OTAN.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a critiqué les dirigeants européens pour leur incompréhension des conséquences de l’expansion de l’OTAN vers les frontières de la Russie, comme l’a rapporté Reuters. L’année dernière, il a déclaré à Sky News qu’une telle évolution entraînerait la nécessité de « rendre notre flanc occidental plus sophistiqué en termes de garantie de notre sécurité ».
La poursuite de l’adhésion à l’OTAN par la Suède et la Finlande, pays traditionnellement non alignés, a entraîné des changements significatifs dans leurs politiques militaires. Les deux pays sont situés dans la région de la mer Baltique, qui a connu une augmentation de l’activité militaire depuis 2014, principalement en raison des préoccupations concernant la menace de la sécurité de la Russie.
La Suède a pris conscience de l’exaspération croissante de Moscou après la simulation d’une attaque nucléaire russe près de Stockholm en 2013. Pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité, les forces aériennes finlandaises, suédoises et norvégiennes s’entraînent régulièrement au combat aérien en simulant divers scénarios. Parallèlement, dans le cadre d’un exercice d’entraînement conjoint dans l’archipel de Stockholm, la Suède et les États-Unis ont testé leur interopérabilité et partagé une expérience précieuse. La possession par la Suède de terrains stratégiques, tels que Gotland dans la mer Baltique, renforce encore le potentiel d’une coordination stratégique accrue.
L’adhésion des États baltes à l’OTAN a supprimé l’erreur centrale dans la planification de la défense dans la région, qui relèverait également de la responsabilité de la Suède. L’enquête sur les soupçons de sabotage du Nord Stream 2 a révélé des traces d’explosifs sous-marins dans les échantillons prélevés sur un bateau, selon une lettre des autorités allemandes. Les enquêteurs allemands s’efforcent toujours de déterminer l’itinéraire exact du bateau et pensent qu’il a été loué dans le but de dissimuler l’identité des personnes impliquées. Les conclusions de l’équipe d’enquête suédoise indépendante, qui opère séparément de l’Allemagne, restent à déterminer.
La Suède dans l’Arctique
L’entrée de la Suède dans l’OTAN a des conséquences importantes pour la région arctique et la défense de la zone nordique. L’OTAN sera désormais en mesure de renforcer sa présence et d’améliorer la coordination dans cette région stratégique.
L’engagement formel envers l’OTAN rationalisera les aspects de la coopération, mais même sans de tels engagements, la Suède et la Finlande s’engagent déjà dans des exercices, des consultations et une coordination avec les pays de l’OTAN. Les plus fortes augmentations des dépenses de défense ont été observées en Finlande (+36%) et en Suède (+12%), ce qui indique un alignement croissant sur les pratiques de l’OTAN.
En termes de capacités de défense, l’industrie suédoise de la défense a produit plusieurs armes, dont l’avion Gripen, qui constitue l’épine dorsale de l’armée de l’air suédoise. Bien que la Suède dépende toujours d’hélicoptères et de C-130 fabriqués par l’UE et les États-Unis, son industrie de défense nationale y contribue également de manière significative.
L’intégration de la Suède et de la Finlande dans les opérations de l’OTAN est en bonne voie, leurs officiers militaires étant désormais représentés aux côtés des officiers de l’OTAN au quartier général multinational de Mons, en Belgique. Ce niveau d’intégration reflète un alignement étroit sur les États membres de l’OTAN.
L’adhésion officielle de la Suède et de la Finlande à l’OTAN marquera un changement important dans le paysage sécuritaire régional. Elle permettra à l’OTAN de renforcer sa présence dans les régions arctique et nordique, tandis que la Suède et la Finlande bénéficieront d’une coordination et d’une interopérabilité accrues en matière de défense. Bien qu’ils ne soient pas encore officiellement membres, les pays scandinaves ont déjà resserré leurs liens avec l’OTAN, renforçant ainsi leur engagement en faveur de la sécurité régionale.
L’auteur est chercheur à l’Europa Institute de l’université Bar-Ilan et chercheur affilié au Centre d’études sur la guerre froide de l’université du Danemark du Sud.
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