
Le jugement indique qu’il n’est pas illégal « dans le contexte d’un débat public, comme sur Twitter, d’affirmer que quelqu’un est un nazi ». Le tribunal de district estime également qu’il était légitime pour Mathias Wåg de dire que l’homme de 48 ans avait été condamné pour homicide involontaire dans le contexte dans lequel la question a été discutée dans le podcast.
L’avocate Ängla Pändel, spécialisée dans les questions de vie privée et de liberté d’expression, n’est pas surprise par le verdict.
– C’était tout à fait juste, dit-elle à Kulturnyheterna.
Elle s’interroge toutefois sur le processus de décision. Le tribunal de district de Stockholm a estimé que la désignation des nazis sur Twitter n’était pas du tout une information diffamatoire, mais un jugement de valeur, et n’a donc pas jugé l’affaire comme étant une diffamation. Toutefois, les allégations de diffamation contenues dans le podcast ont été examinées – et rejetées.
Ängla Pändel estime que le message Twitter aurait également dû être jugé :
– Même là, ils auraient dû conclure qu’il était défendable dans ce contexte », dit-elle.
Mathias Wåg est actuellement rédacteur en chef du journal de gauche Brand et rédacteur à Aftonbladet, mais il a un passé au sein de l’organisation d’extrême gauche AFA, qu’il dit avoir rejointe à l’âge de 18 ans. Dagens Nyheter a quitté le pays depuis de nombreuses années.
Cet homme de 48 ans a été décrit comme un nazi dans les années 90 et écrit aujourd’hui sous un pseudonyme pour le site de médias alternatifs Nya Tider. Il a déjà été condamné pour homicide involontaire et incitation à l’opinion publique.
Tendance juridique
En Suède, plusieurs procès similaires sont en cours concernant des plaintes en diffamation déposées par des extrémistes de droite, et la même tendance se dessine au niveau international depuis plusieurs années, selon Ängla Pändel.
– Des procès sont intentés pour faire taire les dissidents et limiter le discours public. C’est à la fois une menace et un problème », déclare-t-elle avant de poursuivre :
– D’un autre côté, il est tout aussi important de protéger le droit de chacun à faire entendre sa cause devant un tribunal. Il s’agit de trouver la limite entre la liberté d’expression et l’intégrité personnelle.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
