Cette semaine, l’Académie suédoise a organisé une conférence sur les menaces pesant sur la liberté d’expression. Parmi les invités internationaux figuraient l’historien américain Timothy Snyder et l’écrivain finno-estonien Sofi Oksanen, ainsi que l’écrivain et journaliste britannique Peter Pomerantsev.

Ses livres traitent de la guerre de l’information et de la propagande, en mettant souvent l’accent sur la Russie. Dans une interview accordée à Culture News, il met en garde contre le fait de mettre trop l’accent sur la dénonciation de la désinformation et des mensonges des forces non démocratiques, au lieu de mettre en lumière des faits exacts d’une manière qui donne envie aux gens d’écouter.

– L’essence de la propagande malveillante est de créer des identités violentes, paranoïaques et agressives. On ne peut pas la contrer en révélant simplement qu’il s’agit d’un mensonge, car elle est bien plus profonde que cela.

« Vouloir réunir la vérité et la justice »

Étant donné qu’il est difficile, voire indésirable, de réglementer la diffusion de la désinformation dans une démocratie où règne la liberté d’expression, M. Pomerantsev estime que la concurrence devrait porter sur l’amélioration de la communication.

– Vous devez être meilleur que l’autre camp, meilleur que tous les Goebbels et meilleur que les modèles de propagande de Poutine. C’est une course, et nous devons la gagner.

La contribution de Peter Pomerantsev à cette idée est le projet Reckoning, qu’il a cofondé. Il s’agit d’une organisation de journalistes et d’avocats qui travaillent ensemble pour recueillir des témoignages sur les crimes de guerre commis par la Russie pendant la guerre en Ukraine. Les journalistes publient des articles et des documentaires, tandis que les avocats engagent des poursuites pour traduire les responsables en justice.

– Nous voulons réunir la vérité et la justice, c’est comme un bouclier contre la désinformation et l’impunité », déclare Peter Pomerantsev.