BEYROUTH : L’Organisation de la coopération islamique a suspendu le statut de l’envoyé spécial de la Suède à la suite d’une série d’incendies de Coran à Stockholm qui ont suscité la colère et des protestations massives dans un certain nombre de pays musulmans.

L’organisation, qui regroupe 57 pays à majorité musulmane, a déclaré dimanche 23 juillet que la suspension était due à « l’octroi par les autorités suédoises de licences qui ont permis l’abus répété du caractère sacré du Saint Coran et des symboles islamiques ».

Le livre saint de l’islam a été brûlé ou dégradé lors de récentes manifestations publiques dans la capitale suédoise. Un Irakien d’origine chrétienne vivant en Suède en tant qu’athée autoproclamé a annoncé son intention de brûler le Coran devant l’ambassade d’Irak à Stockholm jeudi.

Des manifestants irakiens ont pris d’assaut l’ambassade de Suède et le gouvernement irakien a rompu ses relations diplomatiques avec la Suède. En fin de compte, l’homme qui se trouvait en Suède a donné des coups de pied et marché sur le livre saint de l’Islam, mais n’a pas réussi à l’enflammer.

La décision de l’Organisation de la coopération islamique a été prise après que le comité exécutif de l’organisation se soit réuni le 2 juillet à la suite d’un incident antérieur au cours duquel le Coran avait été brûlé.

Le comité a demandé au secrétaire général d’envisager de suspendre le statut de l’envoyé spécial de « tout pays dans lequel des exemplaires du Saint Coran ou d’autres valeurs et symboles islamiques sont profanés avec le consentement des autorités concernées », selon la déclaration de dimanche.

L’organisation a indiqué qu’elle avait envoyé une lettre au ministre suédois des Affaires étrangères pour lui faire part de cette décision.

L’incinération publique du Coran au Danemark vendredi a suscité de nouvelles manifestations en Irak, dont certaines ont été violentes. Des manifestants se sont heurtés à la police alors qu’ils tentaient de prendre d’assaut la zone verte de Bagdad où se trouve l’ambassade du Danemark, et à Bassorah, des manifestants ont incendié des installations appartenant à un projet de déminage du Conseil danois pour les réfugiés.

Le ministère danois des Affaires étrangères a condamné dimanche l’incendie du Coran.

« Brûler des textes sacrés et d’autres symboles religieux est un acte honteux qui manque de respect pour la religion d’autrui. « Il s’agit d’un acte provocateur qui blesse de nombreuses personnes et crée des divisions entre les différentes religions et cultures.

Il a toutefois ajouté que « la liberté d’expression et la liberté de réunion doivent être respectées ».

Si de nombreux pays dans le monde ont encore des lois criminalisant le blasphème, ce n’est pas le cas de la Suède et du Danemark, et le fait de brûler des textes sacrés n’est pas spécifiquement interdit par la loi.