L’infrastructure présente un autre niveau d’incertitude. Les conducteurs doutent de la fiabilité des infrastructures de recharge et de la disponibilité d’options de recharge suffisantes dans les zones reculées. Dans ces endroits, une batterie déchargée pourrait avoir de graves conséquences, en désactivant les systèmes essentiels du véhicule et en laissant les conducteurs en rade, dans des conditions météorologiques extrêmes similaires à celles observées dans le nord de la Suède.

Changement de conduite

L’accent mis sur la technologie en tant que principal moteur de la transition peut faire oublier sa dimension humaine. Les conducteurs craignent que leurs besoins fondamentaux, tels que les pauses et les repas, ne soient pas satisfaits en raison des exigences de recharge des VE. Les lieux de recharge pourraient être bondés, ce qui rendrait difficile la recherche d’aires de repos adéquates. Les pauses de recharge peuvent également entraîner un allongement des heures de travail, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité de l’emploi et à la perte de revenus, en particulier pour les personnes rémunérées à la commission. La perspective des véhicules autonomes intensifie ces inquiétudes quant à la stabilité de l’emploi.

L’identité et la satisfaction professionnelle des travailleurs du transport pourraient être mises en péril par l’automatisation et la numérisation. De nombreux professionnels du transport sont attirés par le secteur en raison de leur affinité pour la technologie, de la liberté de planifier leur journée de travail et, bien sûr, de leur amour de la conduite. Ces aspects sont potentiellement menacés par l’automatisation et la numérisation.

Une flotte électrifiée pourrait entraîner l’externalisation de la majeure partie de l’entretien technique auprès des constructeurs automobiles, ce qui soulève des questions quant à l’étendue des connaissances techniques que les conducteurs devraient acquérir en matière d’entretien des véhicules électriques.

Les itinéraires planifiés par des algorithmes pourraient nuire au sentiment d’autonomie des conducteurs. Il existe également des incertitudes quant à la responsabilité des retards ou des perturbations dus à des dysfonctionnements du système ou à un manque de connaissances contextuelles dans la planification des itinéraires.

Les conducteurs craignent également que le fait de s’appuyer sur des systèmes numériques pour la conduite proprement dite ne conduise à une sous-stimulation et à une distraction, augmentant ainsi le risque d’accident :