
STOCKHOLM : Les législateurs suédois ont adopté mercredi (3 mai) une loi qui renforce les lois antiterroristes du pays, une mesure qui devrait aider à persuader la Turquie d’approuver la demande d’adhésion de la nation nordique à l’OTAN.
La révision prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à quatre ans pour les personnes reconnues coupables d’avoir participé à une organisation extrémiste dans le but de promouvoir, de renforcer ou de soutenir le groupe. Toutefois, la peine peut être portée à huit ans lorsque le crime est considéré comme grave.
La législation prévoit qu’une personne identifiée comme chef d’une organisation terroriste peut être condamnée à la prison à vie, ce qui, en Suède, signifie généralement un minimum de 20 à 25 ans.
Le projet de loi, qui a été adopté par 268 voix contre 34, 47 législateurs étant absents, rend illégal le financement, le recrutement ou l’encouragement public d’une organisation terroriste, ainsi que le fait de voyager à l’étranger avec l’intention de rejoindre un tel groupe.
Les révisions devraient entrer en vigueur le 1er juin.
La Turquie a accusé la Suède de ne pas prendre de mesures concrètes pour réprimer les groupes qu’Ankara considère comme des organisations terroristes ou comme des menaces existentielles, y compris les groupes kurdes.
Le gouvernement suédois de centre-droit a adopté une ligne plus dure non seulement à l’égard du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie, mais aussi à l’égard de la milice kurde syrienne YPG et de sa branche politique, le PYD. La Turquie considère les YPG comme la branche syrienne du PKK, qui mène depuis des décennies une insurrection à l’intérieur de la Turquie.
Le ministre suédois des affaires étrangères, Tobias Billström, a déclaré qu’il existait des liens étroits entre le PKK et les YPG/PYD, et que la Suède se tiendrait donc à l’écart des groupes syriens afin de ne pas nuire aux relations avec la Turquie.
La Suède et la Finlande ont déposé une demande conjointe d’adhésion à l’OTAN en mai 2022, abandonnant des décennies de non-alignement à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Alors que la Finlande est devenue le 31e pays membre de l’alliance militaire occidentale en avril, l’opposition de la Turquie et de la Hongrie a bloqué la candidature suédoise. L’OTAN exige l’unanimité pour admettre de nouveaux membres.
