L’affaire concerne un article d’Expressen datant de septembre 2022 et portant sur une action climatique sur l’autoroute E4 à l’extérieur de Stockholm qui a provoqué des embouteillages d’un kilomètre. Une ambulance s’est retrouvée coincée dans ce chaos, ce qui a fait la une des journaux.

Dix militants ont été arrêtés après l’incident, soupçonnés de sabotage. L’article de l’Express a publié les noms et les photos des militants, ainsi que des détails sur leur lieu de résidence et leurs activités.

Le journal a également évoqué d’autres actions auxquelles les militants avaient participé et des délits dont ils étaient soupçonnés ou pour lesquels ils avaient été condamnés dans le cadre de cette affaire. L’un des militants a ensuite poursuivi Expressen pour diffamation grave, affirmant qu’il s’agissait d’un cas de pendaison.

Pas de diffamation grossière, mais de la diffamation

Les procès relatifs à la liberté de la presse sont extrêmement rares en Suède. Expressen étant un média protégé par la Constitution et dont l’éditeur est responsable, c’est un jury de la liberté d’expression qui a d’abord été impliqué.

Le jury a déclaré le rédacteur en chef d’Expressen coupable de diffamation grave en raison d’une déclaration incorrecte dans l’encadré de l’article. L’article indiquait que le militant avait été accusé de résistance violente, alors que les charges avaient été abandonnées au moment de la publication de l’article, en septembre 2022.

Le tribunal de district estime toutefois qu’il ne s’agit que d’une diffamation normale, car Klas Granström n’a pas démontré qu’Expressen avait pris des mesures pour « vérifier l’exactitude des informations dans le cadre de la publication ». Comme la publication était censée être largement diffusée, il n’a pas fait preuve de la diligence requise et, selon le tribunal, il est donc coupable de diffamation.

Kulturnyheterna recherche Klas Granström.