Pendant 18 mois, le journaliste et auteur Emil Arvidsson a enquêté sur le gangstérisme suédois, ce qui a donné lieu au nouveau livre « Swedish gangster rap : a reportage » publié aujourd’hui.

Le rappeur Nils Einár Grönberg, qui était encore en vie lorsqu’Emil Arvidsson a commencé à travailler sur ce livre, en est l’un des principaux protagonistes. Mais le 21 octobre 2021, Einár, qui était alors l’artiste le plus diffusé du genre, est assassiné et la scène est fondamentalement bouleversée.

– À l’époque, de nombreuses personnes ont déclaré : « Trop c’est trop. Maintenant, ce genre va s’arrêter, vous allez rapper sur autre chose. Mais je constate plutôt qu’il est devenu encore plus sombre, encore plus dur après ce meurtre, déclare Emil Arvidson dans Morgonstudion et poursuit :

– Il ne faut pas oublier que l’évolution de la société en général – par exemple, le nombre de fusillades, de crimes commis par des gangs et de guerres de gangs a augmenté – et que la musique suit donc cette évolution.

Un écosystème à part entière

Ce livre est un portrait contemporain d’un genre en pleine mutation. L’évolution des médias au cours des dernières années a particulièrement marqué le genre, qui n’est plus dépendant des médias traditionnels, mais qui a construit son propre écosystème.

– Vous avez la possibilité de distribuer vous-même votre musique. Vous avez la possibilité d’atteindre vos fans directement, sans passer par les médias. Cela a créé cet écosystème qui est suffisant, dit Emil Arvidson, mais il en souligne aussi les inconvénients :

– Cela signifie également moins de questions critiques et moins de contacts avec la communauté au sens large.

Un nouvel élan

La motivation des jeunes à se lancer dans le genre a également évolué.

– Dans le passé, les gens considéraient leur musique et leur carrière comme un moyen de s’intégrer dans la société », explique Emil Arvidson :

– Aujourd’hui, le genre agit davantage dans une sorte de vide. Une bulle très large, mais tout de même. Les jeunes rappeurs à qui je parle aujourd’hui ne rêvent pas de contrats d’enregistrement et n’y voient pas un moyen d’entrer dans la société, mais plutôt une occasion de gagner de l’argent.