
La présidente finlandaise a déclaré que l’avertissement de l’OTAN lancé par le président russe Vladimir Poutine avait « changé la donne » et conduit le pays à chercher à adhérer à l’Alliance.
Lors d’une interview sur Fox News diffusée dimanche, le président Sauli Niinistö a déclaré à la présentatrice Shannon Bream que la mise en garde de M. Poutine contre l’adhésion d’autres pays à l’OTAN avait eu l’effet inverse.
Alors que la Finlande et la Suède ont demandé à adhérer à l’OTAN suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, leur ascension au sein de l’alliance est au point mort en Hongrie et en Turquie.
Selon les règles établies par l’alliance militaire, les 30 pays membres doivent approuver la demande avant que les pays ne se voient accorder le droit d’adhérer.

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Les pouvoirs de Niinistö sont limités dans le système finlandais. Cependant, il exerce une grande influence sur la politique étrangère du pays et dirige les forces de défense.
La Finlande a connu une histoire tendue avec la Russie et a été sous son contrôle pendant plus d’un siècle jusqu’à son indépendance en 1917. Le pays s’est également battu contre l’Union soviétique pendant la guerre d’hiver, au cours de laquelle il a cédé des territoires qui font aujourd’hui partie de la Russie.
M. Bream a demandé à M. Niinistö s’il trouvait « ironique » que M. Poutine justifie en partie l’invasion par le fait qu’il ne voulait pas de l’expansion de l’OTAN. Aujourd’hui, deux pays pourraient bientôt devenir les nouveaux membres de l’OTAN.
Niinistö a répondu : « Oui. Je pense que le président Poutine a eu, et a toujours, une sorte d’obsession à l’égard de l’Ukraine.
« Nous l’avons entendu au fil des ans dans ses discours et c’est ce dont il ne peut se débarrasser, et je pense que c’est une grosse erreur », a ajouté M. Niinistö.
« En ce qui concerne la Finlande et la Suède, oui, lorsque Poutine a dit qu’il demanderait à l’OTAN de ne plus s’élargir. En fait, cela a changé la donne dans nos esprits, car jusqu’à présent, nous avions toujours considéré, comme d’autres d’ailleurs, que nous étions militairement non alignés de par notre propre volonté. Mais après le discours de Poutine, je crains que beaucoup d’entre nous n’aient dit que oui, ils nous interdisent de nous joindre à eux. Cela a donc changé la donne, si vous voulez.
Le processus d’adhésion de la Finlande et de la Suède est au point mort, bien que l’on s’attende à ce que le premier ministre hongrois ratifie finalement la décision.
Mais la Turquie pourrait encore retarder les efforts, car son président Recep Tayyip Erdoğan s’est opposé à la présence de partisans paramilitaires kurdes dans le pays, un groupe qu’elle s’est efforcée de réprimer.
Si la Finlande rejoignait l’OTAN, elle ajouterait 832 miles de frontière entre le groupe et la Russie. Ce serait un coup dur pour Poutine.
Cinq membres de l’OTAN (la Norvège, la Lettonie, l’Estonie, la Lituanie et la Pologne) ont déjà une frontière commune avec la Russie.
Newsweek a contacté le Kremlin pour un commentaire par email.
