
BRUXELLES
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Le ministre turc de la Défense, Yaşar Güler, a souligné l’importance pour la Suède de respecter ses engagements en vue d’adhérer à l’OTAN, citant le processus d’adhésion rapide de la Finlande comme un exemple que la Suède pourrait suivre.
Lors d’une rencontre avec des journalistes à Bruxelles, Güler a réitéré le soutien de la Turquie à la politique de la porte ouverte de l’Alliance et a souligné l’importance du respect par la Suède du mémorandum trilatéral.
« Lors de nos réunions bilatérales, nous avons déclaré à nos alliés que la Suède peut devenir un membre de l’OTAN comme la Finlande si elle remplit ses engagements inscrits dans le mémorandum trilatéral », a déclaré M. Güler.
La Suède et la Finlande ont demandé à entrer dans l’alliance après l’occupation russe de l’Ukraine en 2022. La Turquie a ratifié la demande de la Finlande après que celle-ci se soit conformée aux points de l’accord trilatéral signé en juin dernier à Madrid, qui oblige les États nordiques à intensifier la lutte contre l’organisation terroriste PKK. Outre la Turquie, la Hongrie doit encore ratifier la candidature de la Suède.
Tout en reconnaissant certains progrès réalisés par la Suède, la Turquie reste prudente et estime que d’autres mesures sont nécessaires pour remplir les conditions d’adhésion à l’OTAN. Le gouvernement a exprimé son désir de voir la Suède faire preuve d’un engagement plus fort envers les objectifs et les principes de l’OTAN.
La nouvelle loi antiterroriste suédoise est entrée en vigueur le 1er juin mais, pour Ankara, sa mise en œuvre est plus importante que la loi elle-même. Elle demande à Stockholm de mettre fin aux activités, aux rassemblements, aux moyens de propagande et aux efforts de collecte de fonds du PKK. En outre, Ankara demande à la Suède d’extrader les terroristes du PKK, mais celle-ci répond que c’est à la justice de le faire.
La plupart des membres de l’OTAN souhaitent que la Suède participe en tant que membre à part entière au prochain sommet de Vilnius, en Lituanie, prévu les 11 et 12 juillet. Cependant, le président Recep Tayyip Erdoğan, dans une déclaration du 14 juin, a laissé entendre que la Suède devait faire plus pour rejoindre l’alliance au sommet de Vilnius.
Güler a réaffirmé le soutien indéfectible de la Turquie à l’intégrité territoriale, à l’indépendance et à la souveraineté de l’Ukraine, y compris la Crimée. Le ministre a également souligné la nécessité d’une cessation immédiate des hostilités et de l’établissement d’un cessez-le-feu afin d’éviter de nouvelles destructions et une tragédie humanitaire.
M. Güler a également souligné le succès du transport d’environ 32 millions de tonnes de céréales des ports ukrainiens vers les marchés mondiaux dans le cadre de l’initiative céréalière de la mer Noire, en insistant sur l’importance d’une poursuite rapide, sûre et planifiée des expéditions de céréales.
Dans le même temps, le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billstrom, a abordé la question du terrorisme lors d’une conférence de presse en France. Billstrom a condamné sans équivoque toutes les organisations terroristes, y compris le PKK, en déclarant : « Notre objectif avec la Turquie est le même : combattre le terrorisme. Et nous le faisons de manière constructive dans le cadre du mémorandum. La position de la Suède à l’égard du PKK est très claire.
Billstrom a affirmé que la Suède avait tenu les promesses faites à la Turquie à Madrid, alignant ses objectifs sur ceux de la Turquie dans la lutte contre le terrorisme.
