
Par Li Xuehua

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le premier ministre suédois Ulf Kristersson (à droite) se rencontrent à la veille du sommet de l’OTAN.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a récemment annoncé des progrès significatifs dans l’adhésion de la Suède à l’OTAN, selon les médias étrangers. « J’ai le plaisir d’annoncer qu’après la réunion que j’ai organisée avec Erdogan et Kristersson, Erdogan a accepté de transmettre le protocole d’adhésion de la Suède à la Grande Assemblée nationale dès que possible et d’en assurer la ratification « , a écrit M. Stoltenberg dans un tweet à l’issue d’une réunion à Vilnius.
Une déclaration commune des dirigeants de l’OTAN, de la Turquie et de la Suède l’a confirmé. La déclaration indique que la Suède et la Turquie sont convenues de poursuivre leur coopération dans le cadre du mécanisme conjoint permanent trilatéral et d’un nouvel accord de sécurité bilatéral. La Suède présentera une feuille de route pour poursuivre la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et poursuivra la coopération bilatérale antiterroriste avec la Turquie après son adhésion à l’OTAN, et renforcera la coopération économique entre les deux pays.
Selon certaines informations, le président américain Joe Biden a eu une conversation téléphonique avec Erdogan la veille du jour où ce dernier a accepté de soutenir l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Selon un communiqué publié par la Maison Blanche, Joe Biden a exprimé son espoir de voir la Suède rejoindre l’OTAN dès que possible. Lors d’un entretien ultérieur avec les médias, M. Biden s’est montré optimiste quant à l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
Certains analystes pensent que le changement d’attitude d’Erdogan pourrait avoir pour but d’apaiser les tensions avec les États-Unis et l’UE et d’éviter d’être isolé lors du prochain sommet de l’OTAN. Certains médias ont également affirmé que la décision de la Turquie d’accepter l’adhésion de la Suède à l’OTAN est le résultat de l’accord des États-Unis d’inclure la Turquie dans le programme d’avions de combat F-35. Dans le même temps, la Turquie espère acheter de nouveaux avions de combat F-16 aux États-Unis afin d’accélérer la modernisation de sa flotte aérienne. La Maison Blanche aurait convaincu le Congrès américain d’approuver les ventes militaires à la Turquie, et il est possible que ce soit la raison pour laquelle Erdogan a fait des concessions sur l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
Bien que l’attitude d’Erdogan ait changé, les analystes soulignent que l’adhésion de la Suède à l’OTAN reste confrontée à plusieurs défis.
D’une part, la Suède doit s’efforcer de pousser la Grande Assemblée nationale turque à approuver le protocole d’adhésion de la Suède à l’OTAN dans les plus brefs délais. Bien qu’Erdogan ait promis de soumettre le protocole à l’approbation du Parlement, aucun calendrier n’a été fixé. Stoltenberg ne semble pas avoir de certitude à ce sujet et a déclaré que cela dépendait de la Turquie.
D’autre part, la Suède doit essayer de répondre à la demande d’Erdogan, à savoir l’adhésion de la Turquie à l’UE. Avant d’exprimer son intention de soumettre le protocole d’adhésion à la Grande Assemblée nationale turque, Erdogan a déclaré que la Suède ne pourrait rejoindre l’OTAN qu’une fois la Turquie acceptée dans l’UE.
De plus, selon les procédures, l’OTAN ne peut admettre de nouveaux membres qu’avec « l’accord unanime » de tous les pays membres. Même si la Grande Assemblée nationale turque finit par approuver le protocole d’adhésion de la Suède, cette dernière doit encore obtenir l’approbation d’un autre État membre de l’OTAN, la Hongrie.
