STOCKHOLM (AP) – Les procureurs suédois ont inculpé vendredi un Turc de « tentative d’extorsion aggravée, d’infraction aggravée à la législation sur les armes et de tentative de financement du terrorisme », affirmant qu’il agissait au nom du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe illégal.

Les médias suédois ont noté que c’était la première fois qu’une personne en Suède était poursuivie pour financement terroriste présumé du parti. Également connu sous le nom de PKK, ce parti mène une insurrection dans le sud-est de la Turquie depuis 1984 et est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne.

La Turquie a refusé d’approuver la demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN, accusant le gouvernement suédois de ne pas en faire assez pour réprimer les membres du PKK et d’autres personnes qu’Ankara considère comme des extrémistes. L’alliance militaire souhaite admettre la Suède avant le sommet de l’OTAN qui se tiendra le mois prochain à Vilnius, en Lituanie.

Tous les membres actuels doivent ratifier le protocole d’adhésion d’un pays candidat avant que celui-ci puisse rejoindre l’alliance transatlantique. La Turquie et la Hongrie sont les deux seuls membres qui n’ont pas encore ratifié la candidature de la Suède.

L’homme inculpé vendredi est âgé d’une quarantaine d’années. Les procureurs ne l’ont pas identifié. Il est accusé d’avoir tenté d’extorquer de l’argent le 11 janvier à Stockholm en pointant un revolver chargé sur une personne, en tirant en l’air et en menaçant d’endommager les locaux s’il ne recevait pas les fonds demandés le lendemain, selon l’acte d’accusation obtenu par l’Associated Press.

L’homme nie tout acte répréhensible, selon l’agence de presse suédoise TT.

Selon l’acte d’accusation, l’argent qu’il a tenté de réunir était destiné à financer des activités terroristes et faisait partie d’une activité « à plus grande échelle ». Le suspect a fait « allusion à son appartenance à l’organisation PKK », indique le document.

L’accusation soupçonne qu’il a eu des contacts avec un autre citoyen turc qui a été condamné à une peine de prison en Allemagne en 2016 pour appartenance au PKK et pour avoir été « directement impliqué dans la collecte de fonds de l’organisation ».

La Suède a renforcé ses lois antiterroristes le mois dernier, une mesure qui devrait contribuer à persuader la Turquie d’approuver la demande d’adhésion de la nation nordique à l’OTAN. Les législateurs suédois ont prévu une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à quatre ans pour les personnes reconnues coupables d’avoir participé à une organisation extrémiste dans le but de promouvoir, de renforcer ou de soutenir le groupe.

Toutefois, la peine peut être portée à huit ans lorsque le crime est considéré comme grave.

Les révisions sont entrées en vigueur le 1er juin.

Paul Levin, directeur de l’Institut d’études turques de l’université de Stockholm, a déclaré à la chaîne suédoise TV4 : « La Turquie fait pression depuis longtemps pour que des mesures concrètes soient prises contre le PKK, et je pense que cela peut avoir un certain effet sur le processus de l’OTAN ».