La Suède va s’attaquer aux failles dont profitent les demandeurs d’asile pour entrer dans le pays, le gouvernement ayant annoncé des règles plus strictes pour ceux qui souhaitent bénéficier des programmes de regroupement familial.

Stockholm a connu un changement radical dans sa manière de traiter les questions liées à l’asile au cours de l’année écoulée, à la suite de l’élection d’un nouveau gouvernement dirigé par le parti modéré avec le soutien des Démocrates de Suède, un parti de droite.

Dans les années 2010, la Suède a connu le système d’asile le plus permissif d’Europe. Au cours de cette période, le pays a connu une forte augmentation des crimes violents perpétrés par des gangs criminels dans les nouvelles communautés de migrants.

Aujourd’hui, la Suède souhaite mettre fin aux excès de la décennie précédente en annonçant cette semaine sa politique d’asile. Elle exige des réfugiés déjà présents dans le pays qu’ils fournissent davantage de preuves qu’ils peuvent subvenir aux besoins des membres de leur famille lorsqu’ils demandent des visas de regroupement.

En Suède, le regroupement familial est un aspect important de la politique d’asile du pays et l’une des principales raisons de l’explosion du nombre de demandeurs d’asile et de l’apparition relativement rapide de communautés ethniques entières par le biais d’un phénomène connu sous le nom de migration en chaîne.

La législation principale régissant le regroupement familial en Suède est la loi sur les étrangers (Utlänningslagen). L’arrêt de cette semaine a également fait passer de 18 à 21 ans l’âge limite pour refuser de délivrer un permis de séjour à un conjoint ou à un partenaire.

La Suède a tristement reçu 163 000 demandes d’asile en 2015, et les problèmes de diversité du pays devraient s’aggraver, alors que la saga de l’autodafé du Coran qui a enflammé les communautés islamiques dans le pays et à l’étranger se poursuit.

La ministre des migrations, Maria Malmer Stenergard, a directement lié le changement de politique à l’incapacité de la Suède à intégrer l’afflux de réfugiés en déclarant que « l’immigration importante de ces dernières années, combinée à un manque d’intégration, a contribué à ce que la Suède soit confrontée à des défis majeurs liés à une exclusion croissante ».

Cette décision a été provisoirement saluée par les populistes, comme l’eurodéputé démocrate suédois Charlie Weimers a tweeté qu’il espérait que la Suède était « sur la voie d’une politique migratoire responsable » à la lumière de cette décision.

L’Allemagne apparaît de plus en plus comme un cas à part, alors qu’elle a décidé de renforcer le regroupement familial lors d’un vote au Bundestag le mois dernier. La Suède et l’Allemagne ont toutes deux été touchées par la montée du populisme dans leur pays l’année dernière. L’AfD, parti de droite, espère reproduire certains des succès des Démocrates suédois avant les élections européennes de l’année prochaine, pour lesquelles l’immigration est devenue le principal sujet de préoccupation des électeurs.