La Suède va extrader un citoyen turc recherché par Ankara, a déclaré le pays jeudi, mais a rejeté une autre demande, les extraditions étant l’une des principales exigences de la Turquie pour ratifier l’adhésion de Stockholm à l’OTAN.

La Turquie a accusé la Suède de servir de refuge à des dizaines de suspects appartenant à des groupes terroristes tels que le PKK/YPG et le groupe terroriste güleniste (FETÖ), qui est à l’origine de la tentative de coup d’État ratée de 2016 qui a fait 251 morts en Turquie.

Dans un revirement historique, la Suède et la Finlande ont abandonné leur politique de non-alignement militaire de longue date et ont demandé à rejoindre l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Après des mois de retard, Ankara a ratifié l’adhésion de la Finlande le mois dernier, lui permettant de devenir un membre à part entière de l’alliance de défense cette semaine.

Mais Ankara et Budapest ont refusé de ratifier la candidature de la Suède à la suite d’une série de différends et surtout de problèmes de sécurité soulevés par la Turquie.

Le ministère suédois de la Justice a déclaré jeudi qu’il avait accepté l’extradition d’Ömer Altun, un citoyen turc de 29 ans condamné l’année dernière par un tribunal turc à 15 ans de prison.

Le ministère a indiqué que l’extradition n’avait été acceptée qu’à la condition qu’Ömer Altun bénéficie d’un nouveau procès à son retour en Turquie.

La décision, dont une copie a été obtenue par l’Agence France-Presse (AFP) et qui est datée du 30 mars, a été prise après que la Cour suprême de Suède ait donné son feu vert à l’extradition.

« Le gouvernement partage l’avis de la Cour suprême selon lequel rien ne s’oppose à l’extradition d’Omer Altun vers la Turquie », indique le communiqué.

Stockholm a souligné que son système judiciaire était indépendant et qu’il avait le dernier mot en matière d’extraditions.

Le gouvernement a toutefois rejeté une demande d’extradition concernant Mehmet Zakir Karayel, 51 ans, un citoyen suédois d’origine turque qu’Ankara soupçonne d’être membre d’une organisation terroriste armée, selon des documents du ministère suédois de la justice.

En vertu de la loi suédoise, « un citoyen suédois ne peut pas être extradé », écrit le ministère.

Le pays scandinave a extradé au moins deux citoyens turcs au cours de l’année écoulée, mais a rejeté plusieurs autres demandes, notamment celle concernant le suspect en fuite Bülent Keneş, ancien rédacteur en chef du quotidien Today’s Zaman et membre présumé de la FETÖ.

Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré que l’extradition de terroristes était une nécessité pour la Suède si elle voulait avoir le droit de rejoindre l’OTAN.

La lettre d’information du Daily Sabah

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