
Le Parlement hongrois a voté la ratification de la candidature de la Finlande à l’OTAN – 182 voix pour et six contre.
La Finlande fait ainsi un pas de plus vers l’adhésion à l’alliance militaire, en attendant la ratification de la Turquie.
La Suède a également demandé à adhérer à l’OTAN à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière, mettant ainsi fin à deux siècles de neutralité suédoise.
En vertu de l’article 10 du traité de l’OTAN, tous les membres de l’alliance doivent approuver la candidature d’un nouvel État membre.
Les candidatures suédoise et finlandaise ont été acceptées en juin dernier lors d’un sommet de l’OTAN à Madrid et, en septembre dernier, 28 des 30 membres actuels de l’OTAN avaient ratifié les offres.
La Hongrie et la Turquie étaient les deux seuls à ne pas l’avoir fait.

La semaine dernière, la chaîne publique turque TRT a rapporté qu’une commission parlementaire d’Ankara avait approuvé un projet de loi visant à ratifier la candidature finlandaise, et un vote du parlement turc est attendu prochainement.
Mais la candidature suédoise reste dans les limbes.
Une nette majorité de Suédois – 74 % selon un sondage réalisé par Gallop en septembre dernier – est favorable à l’adhésion à l’OTAN. La semaine dernière, les membres du Riksdag, le parlement suédois, ont voté à une écrasante majorité pour approuver la demande d’adhésion du pays à l’alliance.
La Turquie et la Hongrie ont des raisons différentes de retarder la candidature de la Suède.
Ankara prétend que Stockholm a permis à des membres du PKK, un groupe terroriste kurde interdit, de vivre en Suède depuis des années. Le PKK est engagé dans un conflit de guérilla contre l’État turc depuis 1984.
La raison invoquée par la Hongrie semble davantage relever de l’orgueil démesuré.

Le Premier ministre Viktor Orban, dont le parti populiste Fidesz détient une majorité des deux tiers au parlement hongrois, se dit favorable à la demande d’adhésion de la Suède.
Mais le mois dernier, lors d’une intervention à la radio publique hongroise, alors qu’il semblait que le parlement hongrois voterait en même temps sur les candidatures suédoise et finlandaise, M. Orban a déclaré que certains députés hongrois n’étaient pas « très enthousiastes » à l’idée d’étendre la frontière de l’OTAN avec la Russie. (La Finlande partage une frontière de 1 300 km avec la Fédération de Russie).
Il a ajouté qu’un autre groupe de députés pensait que « ce n’est pas bien pour eux ». [Sweden and Finland] de nous demander de les prendre à bord alors qu’ils répandent des mensonges flagrants sur la Hongrie, sur l’État de droit en Hongrie, sur la démocratie, sur la vie ici ».
Jeudi dernier, avant un sommet du Conseil européen, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré qu’il ne savait pas pourquoi la Hongrie avait décidé de traiter la demande d’adhésion de son pays à l’OTAN séparément de celle de la Finlande.

À cette fin, il a reçu une réponse brutale sur Twitter de la part de Balazs Orban, directeur politique du premier ministre hongrois et député du Fidesz.
Dans cette réponse, il donne des exemples de commentaires qui, selon lui, ont été faits par des fonctionnaires suédois depuis 2021.
M. Balazs Orban (sans lien de parenté avec le Premier ministre) a déclaré qu’un ministre suédois avait, en 2022, qualifié le gouvernement hongrois de « xénophobe », tandis qu’un autre avait, en 2021, appelé l’Union européenne à cesser ses paiements à la Hongrie.
Il s’agit de la première explication directe donnée par un représentant du gouvernement hongrois sur la réticence de Budapest à ratifier la demande d’adhésion de la Suède.
Quatre victoires électorales successives depuis 2010 et une majorité des deux tiers à l’assemblée nationale hongroise ont permis au parti Fidesz de M. Orban de modifier légalement la constitution du pays, de remodeler son système judiciaire et d’exercer un contrôle plus strict sur les médias hongrois.
En 2021, le parlement hongrois a voté l’interdiction d’utiliser dans les écoles du matériel faisant la promotion de l’homosexualité et du changement de sexe. La Commission européenne a renvoyé la Hongrie devant la Cour de justice de l’UE pour cette loi.
Il semble que Budapest veuille que les politiciens suédois cessent de parler de la manière dont le gouvernement hongrois gère l’État de droit afin qu’il donne son feu vert à la candidature à l’adhésion à l’OTAN.
Aucune date n’a été fixée par Ankara ou Budapest quant à la ratification par le parlement de l’un ou l’autre pays de la demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN.
