Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur l’industrie pornographique française présentée par le Sénat l’année dernière. L’enquête décrivait un monde d’abus systématiques et l’une des mesures proposées était un contrôle plus strict des sites pornographiques et des personnes autorisées à y accéder.

En conséquence, le ministre du Numérique, Jean-Noël Barrot, a promis un système de vérification pour s’assurer de l’âge des consommateurs de pornographie. Des essais sont déjà en cours et le système devrait être mis en place dans le courant de l’année. En Suède, Unizon, l’association des centres d’accueil pour femmes, filles et jeunes, est en faveur d’un système similaire.

– L’avantage serait, avant tout, que les enfants ne seraient pas confrontés par inadvertance à une industrie très misogyne qui est souvent très explicite dès la première page, déclare Olga Persson, présidente d’Unizon.

Difficile à contrôler

Les sites pornographiques français qui ne se conformeront pas au système de vérification risquent d’être fermés. Mais il sera difficile de vérifier que les sites pornographiques utilisent effectivement le système et que les consommateurs ne le contournent pas en utilisant, par exemple, des services VPN, explique Jannike Tillå, responsable de la communication à l’Internet Foundation.

– Nous ne pouvons pas contrôler l’internet, il est mondial. Comment pourrons-nous nous assurer que tous les sites pornographiques sur l’internet mondial demandent effectivement une identification ?

Il pourrait s’agir d’un problème de protection de la vie privée.

En France et en Suède, on craint que les laissez-passer pornographiques ne constituent une violation de la vie privée des citoyens et qu’un registre des consommateurs de pornographie ne soit créé. Cependant, Jannike Tillå et Olga Persson soulignent toutes deux que la vie privée des enfants et leur droit à ne pas être exposés à la pornographie est la question la plus importante.

– Mais bien sûr, quand on pense à ce qui pourrait arriver si une telle liste existait, on se pose des questions », déclare Jannike Tillå.