
Lorsque Marie Linder cherchait un logement dans les années 1980, il y avait une pénurie de logements.
– Aujourd’hui, j’ai une petite-fille âgée de six ans, qui va elle aussi se trouver confrontée à une pénurie de logements. Il est étrange qu’en 2023 – nous ne sommes plus au XIXe siècle – tout le monde n’ait pas un logement sûr », dit-elle.
Lorsque l’association des locataires a été créée il y a 100 ans, les logements étaient pauvres et surpeuplés. Aujourd’hui, les logements ne sont plus les mêmes, mais nous avons, souligne Marie Linder, une situation où les enfants grandissent dans des logements surpeuplés et où de nombreux parents célibataires n’ont pas leur propre chambre à coucher.
L’État doit aborder la question du logement d’une manière totalement différente, dit-elle. La question que tous les hommes politiques devraient se poser est la suivante : comment pouvons-nous construire des logements – appartements locatifs, appartements en copropriété et maisons – dans lesquels les gens peuvent se permettre de vivre ?

Photo : Alexander Mahmoud
– Il ne devrait pas en être ainsi, c’est inacceptable et il est possible d’y remédier par des décisions politiques. Il est tout à fait possible de faire en sorte qu’il n’y ait pas de pénurie de logements. Rien n’est plus dévastateur pour le développement d’un pays qu’une pénurie de logements.
Les politiciens doivent se mettre d’accord par-delà les frontières et veiller à ce que la construction bénéficie d’une certaine forme de soutien. La subvention à l’investissement a permis de construire 50 000 logements à des loyers légèrement inférieurs, selon Marie Linder.
– Aujourd’hui, l’aide à l’investissement a disparu. Mais il s’agit aussi de la manière dont vous considérez le logement. Nous ne dirions jamais « Oh, vos enfants n’ont pas eu de place à l’école. Habitez-vous à Stockholm ? Les enfants peuvent aller à l’école à Västerås ». Nous n’accepterions jamais cela.
Son point de vue sur le logement est qu’il fait partie de l’aide sociale et qu’il s’agit d’un droit de l’homme.
– Ce qui me met en colère, c’est que lorsque nous avons décidé de construire la Suède moderne, le pays était beaucoup plus pauvre, aujourd’hui la Suède est riche et nous n’arrivons toujours pas à gérer ce problème. Les responsables politiques doivent veiller à ce que la construction de logements s’inscrive dans une démarche à long terme. Aujourd’hui, l’État subventionne les logements en propriété sous la forme d’intérêts et de déductions fiscales, mais les logements en location ne reçoivent rien », déclare Marie Linder.

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Le droit à la location est important, dit-elle, maintenant que les politiciens parlent des gens qui acceptent les nouveaux emplois dans le Norrland, par exemple, et qui déménagent là où se trouvent les emplois.
– Si l’État est sérieux, il aurait dû nommer un comité de crise pour trouver une solution à la crise du logement à Skellefteå, Boden et dans les environs. Je voudrais donner une mauvaise note au gouvernement précédent et au gouvernement actuel pour ne pas avoir pris la question du logement au sérieux.
Association des locataires a encouragé la subvention à l’investissement et souhaiterait la voir revenir. Elle a également proposé des prêts à la construction avantageux et un système de réduction des loyers qui permettrait à un plus grand nombre de personnes de bénéficier d’une aide au logement, et elle souhaite que le gouvernement veille à ce que toutes les municipalités construisent.
– Aujourd’hui, la construction de logements va chuter, le marché ralentit. Il n’y a qu’une seule solution : l’État et les municipalités doivent intervenir et stimuler la construction. Pour maintenir le secteur de la construction, vous pouvez effectuer des rénovations, mais cela nécessite une certaine forme de soutien de la part de l’État, explique Marie Linder.
« L’inégalité économique s’est accrue dans la société, il doit y avoir une forme de redistribution entre les hauts et les bas revenus, et l’allocation logement en est un exemple. L’allocation logement en est un exemple. C’est le moyen de répondre aux besoins des personnes à faibles revenus.
Le Conseil national suédois du logement, de la construction et de la planification et le Conseil administratif du comté de Stockholm ont conclu que la Suède avait besoin d’une certaine forme de logement social, un logement moins cher avec un plafond de revenus. Marie Linder n’est pas de cet avis.
– C’est une attitude tellement défensive que nous avons déjà un modèle avec lequel nous pouvons travailler. L’inégalité économique s’est accrue dans la société, il doit y avoir une forme de redistribution entre les hauts et les bas revenus et l’allocation de logement en est un exemple. C’est le moyen de répondre aux besoins des personnes à faibles revenus », déclare-t-elle.
La Suède a essayé le logement social, avec les « barnrikehusen » qui ont commencé à être construits dans les années 1930.
Le beau-père de Marie Linder a grandi dans l’un d’entre eux, dans le quartier de Kristallen à Stockholm.
– Aujourd’hui, c’est le quartier le plus branché de Söder, il vivait sur Klippgatan. Mais à l’époque, chaque fois qu’il se passait quelque chose dans le quartier, les journaux écrivaient que c’était les enfants de Kristallen qui avaient fait le coup.

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Il est possible d’obtenir de l’aide aujourd’hui, affirme Marie Linder.
– Si vous vivez une relation violente et que vous devez déménager, la municipalité vous aide par le biais d’un contrat social, et personne n’est au courant si vous ne le dites pas. Développez ce modèle et veillez à ce que davantage de personnes prennent cette responsabilité, qu’il s’agisse de propriétaires privés ou d’associations de logement. L’objectif doit être que nous puissions tous choisir où et comment nous vivons. Le logement public assume la responsabilité sociale », dit-elle.
Marie Linder
Poste : Président de la Fédération des associations de locataires (Hyresgästföreningen).
Formation : Assistante maternelle, cours d’histoire économique et de sciences politiques, école de journalisme Poppius.
Missions sélectionnées : Président de l’Union internationale des locataires, président des consommateurs suédois, secrétaire de la section de Södertörn de l’Association touristique suédoise.
Résidence : Maison mitoyenne à Tyresö.
Famille : Marié, quatre enfants, presque neuf petits-enfants.
Cinq questions rapides
Aurons-nous un nouveau record de prix dans cinq ans ?
– Non, alors j’espère que les hommes politiques sont revenus à la raison et ont construit des logements dans lesquels les gens peuvent se permettre d’emménager.
Devrions-nous avoir des loyers de marché ?
– Non. Nous devons avoir le droit de négocier nos loyers.
Avons-nous besoin d’un nouveau programme d’un million ?
– Non, nous avons besoin d’une construction continue et d’un grand nombre d’appartements locatifs.
Où doivent vivre les personnes à faibles revenus ?
– J’espère qu’il s’agira de logements locatifs, de condominiums et de villas, et non de logements spéciaux.
Comment avez-vous obtenu votre premier logement ?
– J’ai loué un appartement d’occasion.
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Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
