
Taille du texte
La Cour suprême de Suède a donné son feu vert au gouvernement pour extrader un homme soutenant le PKK vers la Turquie, une demande clé d’Ankara pour ratifier l’adhésion de Stockholm à l’OTAN, ont rapporté les médias mardi.
La décision signifie qu’il appartient maintenant au gouvernement suédois de décider d’extrader ou non l’homme, a rapporté le journal Aftonbladet, ajoutant qu’il serait le premier partisan du PKK extradé par la Suède vers la Turquie.
En Suède, le gouvernement prend la décision finale sur les demandes d’extradition, mais ne peut pas accorder une demande à un autre État si la Cour suprême s’y oppose.
Selon Aftonbladet, la Cour a pris cette décision la semaine dernière, au moment où les deux pays doivent discuter de la candidature de la Suède à l’OTAN, qui est au point mort depuis la réélection du président turc Recep Tayyip Erdogan.
L’homme de 35 ans a été condamné en 2014 à quatre ans et sept mois dans une prison turque pour avoir transporté un sac contenant du cannabis, selon le journal.
Il a été libéré sur parole et a déménagé en Suède, mais a été arrêté en août de l’année dernière à la suite d’une demande des procureurs turcs qui veulent qu’il purge le reste de sa peine.
Selon le journal, l’homme affirme que la véritable raison pour laquelle il est recherché par les autorités turques est son affiliation au Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde et son soutien au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), un groupe inscrit sur la liste noire d’Ankara.
Dans la décision, selon Aftonbladet, la cour a noté qu’elle avait demandé au procureur turc s’il y avait des enquêtes ou des accusations en cours contre l’homme concernant la « propagande pour une organisation terroriste » ou « l’insulte au président turc », ce que le procureur a nié.
La Turquie et la Hongrie sont les seuls États membres de l’OTAN à ne pas avoir encore ratifié la candidature de la Suède, qui doit l’être à l’unanimité.
Erdogan a jusqu’à présent bloqué la Suède, accusant Stockholm d’être un refuge pour les « terroristes », en particulier les membres du PKK.
La Turquie a demandé à la Suède de sévir contre les groupes extrémistes et d’approuver l’extradition de dizaines de suspects qu’elle estime liés à la tentative de coup d’État manquée de 2016 et à la lutte des Kurdes pour un État indépendant qui dure depuis des décennies.
Mettant fin à deux siècles de neutralité et de non-alignement militaire, la Suède et la Finlande voisine ont annoncé leur candidature à l’adhésion à l’OTAN en mai 2022, dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Alors que la candidature de la Suède se heurte toujours à une opposition, la Finlande a réussi à devenir le 31e membre de l’OTAN le 4 avril.
jll/giv
