

Environ cinq mois se sont écoulés depuis que Jenni Nordborg a quitté son poste de coordinatrice du gouvernement pour les sciences de la vie, poste qu’elle occupait depuis cinq ans.
Aujourd’hui, elle a changé de camp. Dans ses nouvelles fonctions de responsable des relations internationales au sein de l’organisation industrielle Lif, elle se concentre sur la représentation de l’industrie pharmaceutique.
– Après cinq ans en tant que coordinatrice nationale, j’avais besoin d’une nouvelle approche de mon travail », explique Jenni Nordborg.
Elle laisse derrière elle plusieurs changements concrets. Elle a notamment dirigé le travail d’élaboration d’une « stratégie des sciences de la vie » pour le travail politique, avec huit domaines prioritaires et 30 objectifs individuels. Il s’agit notamment du développement d’une politique éthique, de l’échange sécurisé de données sur les patients et d’une meilleure utilisation des biobanques.
– Parmi les succès dont je me réjouis, la stratégie nationale a permis d’inscrire des questions importantes à l’ordre du jour national. Nous parlons désormais davantage des données de santé, de la médecine de précision et de la durabilité. L’importance de l’industrie des sciences de la vie en tant qu’industrie de base est encore plus évidente », ajoute-t-elle :
– L’obtention du pouvoir et de la visibilité au sein des bureaux gouvernementaux qu’implique le bureau des sciences de la vie a été une innovation en soi.
Le bureau des sciences de la vie de l’Office gouvernemental
Le bureau fait le lien entre les acteurs du secteur des sciences de la vie et le travail du gouvernement. L’objectif du bureau est de promouvoir le développement des connaissances, l’innovation et la qualité dans le domaine de la santé et des soins sociaux, ainsi que dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur. Il s’efforce également d’améliorer les conditions d’établissement et d’activité des entreprises du secteur des sciences de la vie en Suède.
Le bureau emploie des administrateurs du ministère du climat et des affaires économiques, du ministère de l’éducation et du ministère des affaires sociales.
Source : Le rapport « A national strategy for life science », produit par le ministère de l’entreprise et de l’innovation et les bureaux du gouvernement suédois.
L’une des réussites les plus médiatisées de ces dernières années dans ce domaine est la mise au point d’un nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer, capable de ralentir la progression de la maladie, développé avec l’aide de la recherche suédoise. Ce médicament a récemment fait l’objet d’une procédure accélérée en vue de son utilisation aux États-Unis.
Sur le territoire suédois, le développement est mené par la société pharmaceutique Astrazeneca, la société de technologie médicale Getinge, le fauteuil roulant électrique Permobil et GE Healthcare, qui fabrique des équipements de diagnostic médical.
Quel regard portez-vous sur votre travail ?
– Il est difficile de se revoir dans le rétroviseur, mais je vois encore la force du travail que nous avons créé. J’aurais aimé aller plus loin. Une réflexion sur la façon dont nous travaillons en Suède est que les choses prennent beaucoup de temps.
Mais les traditions bureaucratiques ne sont pas la seule chose qui risque d’entraver le développement en Suède. Jenni Nordborg considère également les développements à l’étranger comme l’un des plus grands défis.
– Il s’agit d’un secteur incroyablement compétitif et en pleine croissance. Au cours des cinq ou dix prochaines années, de nouveaux médicaments innovants seront lancés. Mais de moins en moins d’entre eux viendront d’Europe.
Elle souligne également que le secteur dépend de la place qui lui est accordée dans les budgets nationaux et régionaux.
– Le fait que les traitements médicamenteux soient considérés comme un coût et non comme un investissement constitue un défi pour le secteur de la protection sociale.
Le 26 avril, la Commission européenne a présenté une nouvelle législation pharmaceutique qui régit la manière dont les pays de l’Union pourront travailler avec les sciences de la vie. Jenni Nordborg surveille de près l’impact de cette législation sur les investissements dans la recherche et l’innovation, qui sont les garants de la compétitivité à long terme.
– Les politiques de l’UE définissent le plan de match. L’Europe a déjà perdu beaucoup de terrain par rapport à d’autres marchés, et la proposition ne contribuera pas à inverser la tendance négative telle qu’elle est conçue actuellement. La Suède, en tant que pays leader en matière d’innovation, a une voix importante à faire entendre dans les négociations futures pour sauvegarder notre compétitivité et celle de l’Europe.
Jenni Nordborg
Âge : 52 ans.
Faites : Responsable des relations internationales de l’organisation commerciale Lif.
Contexte : Ancien chef du département santé de Vinnova et coordinateur des sciences de la vie pour le compte du gouvernement.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
