
Plus de 20 000 travailleurs du secteur privé se sont mis en grève lundi en Norvège pour réclamer une augmentation de salaire. La mesure énergique, appelée par les fédérations LO et YS, s’est terminée jeudi par un accord prévoyant une augmentation de 5,2 %, un chiffre supérieur de quelques dixièmes à l’inflation prévue pour 2023.
Les travailleurs dénoncent le fait que la hausse des prix de ces dernières années, en particulier l’augmentation du coût de l’énergie, a affaibli leurs salaires. Parmi les secteurs qui ont participé aux actions figurent les ferries (service de transport maritime), certaines usines alimentaires (comme Mondelez à Oslo) et les brasseries. En outre, les travaux d’entretien de la principale plate-forme gazière du pays ont été reportés.
Pour ce vendredi, on s’attendait à ce que 15.000 nouveaux travailleurs rejoignent la grève (LO comprend 185.000 travailleurs, tandis que YS 16.000), mais avant que l’accord ne soit conclu.
L’une des choses qui exaspèrent le plus les grévistes est que, alors que leurs salaires se détériorent, les dirigeants d’entreprise reçoivent des millions de dollars de primes en plus de leurs salaires déjà généreux.
La Norvège est gouvernée par une alliance entre le parti travailliste et le parti du centre. Dans les rangs du premier, on trouve Jens Stoltenberg, actuel chef de l’OTAN, l’alliance militaire dirigée par les États-Unis et qui aide le régime de Volodomir Zelensky dans la guerre en Ukraine.
Au même moment, en Suède voisine, les chefs de train ont lancé cette semaine une grève de 72 heures pour refuser le remplacement d’une partie du personnel par des machines. Cette mesure aurait eu lieu en dehors du syndicat (Seko).
La Suède est gouvernée par une alliance entre le parti modéré (auquel appartient le Premier ministre Ulf Kristersson), les démocrates-chrétiens et les libéraux, avec le soutien extérieur des démocrates suédois d’extrême droite.
Stockholm cherche à rejoindre l’OTAN. Bien que l’accord de la Turquie et de la Hongrie fasse défaut, elle bénéficie déjà du soutien de Washington. En effet, la grève coïncide avec le développement d’exercices militaires conjoints impliquant des troupes des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège, entre autres. Le nouveau gouvernement suédois a également prévu une forte augmentation du budget militaire.
La Finlande, nouveau partenaire de l’alliance atlantique, qui achève ainsi la construction d’une barrière sur la Russie, connaît depuis le début de l’année des grèves dans les ports et des collectifs pour des augmentations de salaires.
Les grèves dans les pays nordiques mettent à l’ordre du jour les revendications de la classe ouvrière et s’inscrivent dans le processus plus général qui traverse l’Europe, à l’encontre du militarisme de leurs gouvernements et de leur orientation bourgeoise.
