Après plusieurs années d’irrégularités et de scandales au sein de la Fédération internationale de boxe, qui ont conduit à la perte du statut olympique de la boxe, une nouvelle fédération est en cours de formation.

Voici le contexte de la décision.

Juin 2019 : Le Comité international olympique (CIO) décide de ne pas autoriser l’Association internationale de boxe (Aiba) à organiser les qualifications et les compétitions olympiques pendant les Jeux olympiques de Tokyo. L’Aiba a été fortement critiquée pour avoir élu l’Ouzbek Grafur Rachimov comme nouveau président en 2018. Selon le département du Trésor américain, M. Rachimov a des liens avec le crime organisé. M. Rachimov est contraint de démissionner à la suite de ces allégations. Des soupçons pèsent également sur des matchs truqués lors des Jeux olympiques de 2016, sur le dopage et sur des problèmes financiers au sein de l’Aiba. Selon un rapport du CIO, la fédération est endettée à hauteur de 270 millions de couronnes suédoises.

Septembre 2021 : L’avocat Richard McLaren, qui a déjà enquêté sur le scandale du dopage russe, a publié un rapport montrant qu’il y avait de gros problèmes de fraude et de tricherie dans la boxe, notamment pendant les Jeux olympiques de Rio en 2016 et les qualifications pour les Jeux.

Mai 2022 : Une phalange orientale de la fédération de boxe, désormais sous le nouveau nom d’Iba, réussit à faire expulser les candidats de l’alliance occidentale à la présidence et au conseil d’administration sur la base de fausses accusations. Il s’agit notamment du Néerlandais Boris van der Vorst, candidat à la présidence, et du Suédois Per-Axel Sjöholm, candidat au conseil d’administration. Le président sortant, le Russe Umar Kremlev, a été réélu. Le CIO conteste l’élection et, par la suite, quatre membres de l’Alliance occidentale, dont M. Sjöholm, font appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Juin 2022 : Le TAS est d’accord avec l’Alliance occidentale pour dire qu’elle a eu tort de la disqualifier pour les élections. Cependant, il n’exige qu’une nouvelle élection pour le président, pas pour les autres postes. Le CIO décide que l’Iba n’est pas autorisée à organiser les qualifications olympiques et les Jeux olympiques de 2024 à Paris, en raison de la façon dont la fédération est gérée, y compris son financement (le russe Gazprom est le principal sponsor) et les scandales d’arbitrage.

Septembre 2022 : Lors de sa réunion à Erevan, le Congrès extraordinaire décide qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle, malgré la décision du TAS. L’Alliance Common Cause des pays occidentaux entame des discussions sur la formation d’une nouvelle fédération internationale pour sauver le statut olympique de la boxe.

Octobre 2022 : L’Iba décide d’autoriser les Russes et les Biélorusses à reprendre les compétitions internationales. La Suède décide de boycotter les matchs contre les Russes et les Biélorusses.

Février 2023 : Les États-Unis sont à la tête d’un boycott de la Coupe du monde de cette année, en raison de la décision d’accueillir la Russie et la Biélorussie. La Suède est l’une des nombreuses autres nations à se joindre au boycott de la Coupe du monde.

Mars 2023 : L’IBA lance des enquêtes contre les présidents nationaux de boxe, dont le Suédois Per-Axel Sjöholm, qu’elle soupçonne d’avoir incité d’autres personnes à boycotter la Coupe du monde.