En janvier, Spotify a licencié 6 % de ses employés. SVT a interrogé plusieurs d’entre eux, qui ont tous signé un contrat de licenciement assorti d’une clause dite de loyauté.

Cette clause stipule que la personne licenciée ne peut pas « parler de manière désobligeante » de l’entreprise ou de ses anciens collègues, que les dispositions relatives à la confidentialité et aux sanctions prévues dans le contrat de travail « s’appliquent après la date de fin de contrat » et qu’une autorisation écrite de Spotify est nécessaire pour parler du licenciement avec les clients et les partenaires commerciaux de Spotify.

Selon un ancien employé, Spotify veut effrayer les gens pour qu’ils se taisent.

– Ils savent peut-être que cela ne tiendra pas devant un tribunal, mais il est toujours possible d’essayer d’amener les gens à ne pas en parler volontairement à l’extérieur.

Expert : les tactiques de peur

Selon Tommy Iseskog, expert en droit du travail, cette formulation est inhabituelle en Suède – et juridiquement indéfendable.

– Vous voulez peut-être effrayer les gens et leur faire croire que c’est juridiquement contraignant, mais c’est tout simplement absurde.

Peut-on interpréter cela comme une volonté de Spotify de faire taire ses employés ?

– Oui, c’est la seule interprétation raisonnable, dit-il.

Plusieurs experts en droit du travail confirment à SVT que cette formulation est inhabituelle en Suède et qu’elle ne résisterait pas à un examen juridique.

Affectation de la liberté d’expression

Selon Tommy Iseskog, le fait d’exiger le silence après un licenciement est une « américanisation » qui se produit principalement dans les entreprises étrangères opérant en Suède. Il estime qu’à long terme, cela peut avoir des conséquences :

– C’est une tentative de restreindre la liberté d’expression sociale dont nous disposons ici.

Dans la clause de loyauté, Spotify précise que le contrat peut être divulgué dans des cas particuliers, par exemple pour obtenir le droit aux allocations de chômage, devant les tribunaux, pour les syndicats ou lorsque la loi l’exige.

Le géant du streaming refuse une interview enregistrée, mais répond par écrit :

Spotify s’est conformé à toutes les exigences légales et a offert aux employés concernés une généreuse indemnité de départ et un soutien professionnel.