
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tempéré mercredi les attentes selon lesquelles l’expression de son soutien cette semaine à l’adhésion de la Suède à l’OTAN signifiait qu’il ferait rapidement passer l’approbation par le parlement turc.
Dans ses premiers commentaires publics sur la question depuis que l’OTAN a annoncé son soutien à la proposition lundi, M. Erdogan a déclaré que la décision finale revenait au parlement et que la Suède devait prendre des mesures supplémentaires pour obtenir le soutien du parlement, sans donner de détails. Il a également déclaré que le parlement n’examinerait pas la question avant le mois d’octobre, bien qu’il soit en session jusqu’au 27 juillet.
Les remarques de M. Erdogan, qui laissent entendre que l’adhésion de la Suède n’est peut-être pas une affaire réglée, ne manqueront pas de décevoir nombre de ses alliés de l’OTAN, qui avaient espéré que l’utilisation par M. Erdogan de cette question pour obtenir des concessions pour la Turquie au cours de l’année écoulée avait enfin pris fin. M. Erdogan a également déclaré que la Suède devait continuer à travailler pour répondre aux préoccupations de la Turquie en matière de sécurité, suggérant ainsi qu’il n’était pas encore prêt à abandonner son influence.
« Le parlement n’est pas en session pour les deux prochains mois », a déclaré M. Erdogan aux journalistes à Vilnius, en Lituanie, à la fin du sommet annuel de l’OTAN. « Mais notre objectif est de régler cette question le plus rapidement possible.
La Suède et la Finlande ont demandé à adhérer à l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière. La Turquie s’est initialement opposée à l’adhésion de ces deux pays, les accusant d’héberger des dissidents qu’elle considère comme des terroristes.
M. Erdogan a finalement abandonné son opposition à l’adhésion de la Finlande, qui a rejoint l’alliance en avril. Mais les griefs de la Turquie à l’égard de la Suède étaient bien plus importants. Les responsables turcs ont accusé la Suède de donner carte blanche aux partisans d’une organisation terroriste kurde et aux membres d’un groupe religieux que la Turquie a accusé d’avoir fomenté un coup d’État manqué contre M. Erdogan en 2016.
Pour apaiser la Turquie, la Suède a modifié sa constitution, durci ses lois antiterroristes, levé l’embargo sur les exportations d’armes vers la Turquie et accepté d’extrader un petit nombre de personnes demandées par la Turquie.
Mais les tribunaux suédois ont bloqué d’autres extraditions, et les responsables suédois ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas passer outre les lois sur la liberté d’expression de leur pays pour empêcher les manifestations publiques qui ont notamment consisté à brûler le Coran. Ces manifestations ont exaspéré la Turquie.
Lundi, l’OTAN a annoncé que la Turquie avait abandonné son objection à l’adhésion de la Suède à l’alliance dans le cadre d’un nouvel accord destiné à permettre aux dirigeants de l’alliance d’afficher un sentiment d’unité plus fort face au président russe Vladimir V. Poutine.
