Les politiciens font campagne en poésie mais gouvernent en prose, comme disent les Américains. Cependant, l’écart entre la campagne électorale et la réalité est particulièrement important pour un gouvernement qui, dans l’opposition, a dénoncé les « prix Magda » et promis des compensations à la droite et à la gauche.

Le budget d’automne a donc été un réveil brutal. La marge de manœuvre était limitée si l’on ne voulait pas alimenter l’inflation. Les partis du Tidö choisissent de trahir les promesses et de décevoir les électeurs.

La situation était également tendue lorsque la ministre des finances, Elisabeth Svantesson (M), a présenté lundi le budget rectificatif de printemps. Naturellement, il faut le dire. La mise à jour de printemps n’est normalement pas un événement majeur. Les ressources sont allouées à l’automne. L’exception, c’est lorsqu’une pandémie survient au moment des vacances sportives, sinon il s’agit d’ajustements à la marge. C’est ce qui s’est passé cette année.

Pour contribuer à la lutte contre l’inflation est la principale mission de la politique budgétaire à l’heure actuelle. Mais ce n’est pas la seule. Il s’agit aussi de partager le fardeau. Et en la matière, on ne peut que souhaiter davantage de la part du gouvernement.

Le problème n’est pas seulement la rhétorique électorale, mais aussi l’accord Tidö. Cet accord stipule, entre autres, qu’il devrait être moins cher de conduire une voiture. À l’automne dernier, il a permis d’utiliser la plus grande partie de l’espace de réforme pour réduire la taxe sur les carburants de 6,7 milliards de couronnes suédoises – beaucoup d’argent, réparti sur de nombreuses personnes et avec peu d’effet. Cet argent aurait pu être utilisé pour soutenir les ménages les plus vulnérables ou pour aider les municipalités à maintenir l’aide sociale.

Sur ces points, on aurait également pu souhaiter quelques ajustements dans le budget rectificatif de printemps.

Il est sage de renforcer l’allocation de logement, mais il serait également judicieux d’augmenter l’aide au revenu. Cela se fait normalement au tournant de l’année, mais compte tenu de la forte inflation, il serait raisonnable de le faire tous les six mois.

Il aurait également été souhaitable de donner plus d’argent aux municipalités – à tout le moins, les subventions gouvernementales ciblées présentées à l’automne dernier auraient pu être transformées en subventions générales, de sorte que les municipalités puissent au moins établir des priorités quant à l’utilisation des ressources. Il est étrange que l’on signale des licenciements d’enseignants au moment même où le gouvernement lance une cagnotte spéciale qui ne peut être utilisée que pour l’achat de matériel pédagogique..

Contribuer à la lutte contre l’inflation est la principale mission de la politique budgétaire à l’heure actuelle. Mais ce n’est pas la seule.

Si le budget de 2023 vise à lutter contre l’inflation, celui qui sera adopté à l’automne sortira la Suède de la récession dans laquelle elle est entrée et jettera les bases d’une croissance à long terme. Malheureusement, même en ce qui concerne ces tâches, l’accord de Tidö constitue un point noir.

Elisabeth Svantesson a souligné lundi que la ligne du travail devait être rétablie. Cela semble une bonne chose, mais la proposition de parade de M, KD, L et SD pour y parvenir est un plafond de prestations qui aura pour effet principal d’aggraver la situation des familles pauvres ayant beaucoup d’enfants. La manière dont cela créera des emplois est un mystère.

En termes de croissance et de compétitivité à long terme, rien n’est plus important que la transition énergétique. La clé de cette transition est une expansion rapide de l’énergie éolienne, qui nécessite des conditions économiques stables et des processus d’autorisation rationalisés.

La rhétorique de la campagne électorale les attaques contre les « forêts d’acier » ont heureusement été abandonnées par les partis au pouvoir. Mais pas les Démocrates de Suède, qui ont veillé à ce que leur opposition soit inscrite dans l’accord de Tidö.

L’accord promet également la création d’une « commission » chargée d’élaborer des propositions visant à renforcer la productivité, dont Svantesson a annoncé le lancement au printemps. L’absence d’idées concrètes à ce sujet dans l’accord de Tidö en dit long sur l’inadéquation de la carte qu’il propose pour guider la Suède dans la crise économique actuelle et la sortir de celle-ci.