Des manifestants ont envahi l’ambassade de Suède à Bagdad, en Irak, irrités par l’incendie d’un Coran au cours d’une agitation dans une mosquée de la banlieue de Stockholm. L’incident a suscité des critiques dans l’ensemble du monde musulman. Auparavant, la Turquie avait condamné l’acte en le qualifiant d' »ignoble ». Son ministre des affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré : « Je condamne l’ignoble manifestation organisée en Suède contre notre livre saint le premier jour de l’Aïd al-Adha », ajoutant qu’il était « inacceptable d’autoriser des manifestations anti-islamiques au nom de la liberté d’expression ».

Une foule de partisans du religieux chiite Moqtada Sadr a pénétré dans l’ambassade de Suède à Bagdad et est restée à l’intérieur de l’enceinte pendant environ 15 minutes, puis a quitté les lieux lorsque les forces de sécurité se sont déployées, a rapporté l’agence de presse AFP, selon les propos d’un photographe.

« Notre constitution, c’est le Coran », pouvait-on lire sur des tracts distribués par les manifestants. Un message a été peint à la bombe sur la porte du complexe : « Oui, oui au Coran ».

Un manifestant nommé Hussein Ali Zeidan, 32 ans, a déclaré à l’AFP qu’il était venu pour « soutenir le noble Coran » et a demandé que la citoyenneté de Momika soit révoquée car « il ne représente pas l’Irak ».

Un peu plus tôt, le ministère irakien des Affaires étrangères avait condamné la décision de la Suède d’autoriser un « extrémiste » à brûler le Coran et avait déclaré que de tels actes « enflammaient les sentiments des musulmans du monde entier et représentaient une dangereuse provocation ».

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Manifestation contre l’incendie du Coran en Suède

La manifestation a été déclenchée après qu’un citoyen irakien de 37 ans, Salwan Momika, vivant en Suède, a piétiné le livre saint de l’islam et mis le feu à plusieurs pages devant la plus grande mosquée de la capitale.

Selon l’AFP, la police suédoise lui avait accordé un permis conformément aux protections de la liberté d’expression, mais les autorités ont déclaré plus tard qu’elles avaient ouvert une enquête pour « agitation ».

L’incident a suscité la colère au Moyen-Orient et au-delà, alors que les musulmans observent la fête de l’Aïd al-Adha et que le pèlerinage annuel du hajj à La Mecque, en Arabie saoudite, touche à sa fin.

Coran brûlé : La Turquie, les États-Unis et l’Arabie saoudite condamnent la Suède pour son autorisation de protester

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a également critiqué la Suède pour avoir autorisé la manifestation, alors que celle-ci pourrait retarder davantage la candidature du pays à l’adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), pour laquelle le feu vert turc est attendu depuis longtemps.

« Nous finirons par apprendre aux Occidentaux arrogants qu’insulter les musulmans n’est pas une liberté de pensée », a déclaré M. Erdoğan, cité par l’AFP.

« Nous montrerons notre réaction dans les termes les plus forts possibles jusqu’à ce qu’une victoire déterminée contre les organisations terroristes et l’islamophobie soit obtenue », a-t-il fait remarquer.

Entre-temps, les États-Unis ont également condamné l’incendie du Coran, le porte-parole du département d’État déclarant que Washington estimait que la manifestation créait « un environnement de peur » qui affecterait la capacité des musulmans et des membres d’autres minorités religieuses à exercer leur liberté de religion.

L’Arabie saoudite, qui a accueilli environ 1,8 million de pèlerins musulmans pour le hajj, a déclaré : « Ces actes haineux et répétés ne peuvent être acceptés sans aucune justification.

Le conseiller présidentiel des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a tweeté que l’Occident « doit réaliser que son système de valeurs … ne peut être imposé au monde ».

Le ministère des affaires étrangères d’Abou Dhabi a convoqué l’ambassadeur de Suède pour protester contre les protections de la liberté d’expression accordées à « des actes aussi odieux », selon un communiqué publié jeudi.