Un intense échange de mots entre Lizz Magill, présidente de l’université de Pennsylvanie, et Elise Stefanik, politicienne républicaine, a été au centre d’une tempête de critiques qui a touché plusieurs grandes universités américaines.

Les directeurs de Penn, Harvard et du MIT ont été convoqués devant le Congrès pour répondre à des questions sur la montée de l’antisémitisme parmi les étudiants de ces établissements.

Un ton dur

Au cours de l’audition, tous les chefs d’établissement ont insisté sur la complexité de la question, arguant de l’importance de la liberté d’expression sur leur campus, du fait que les déclarations controversées doivent être jugées dans leur contexte et que les violations doivent donner lieu à des représailles.

Mais dans une série de questions sur la limite à fixer aux discours de haine antisémite, Stefanik demande si le fait d’appeler au génocide des Juifs doit être considéré comme du harcèlement ou des menaces.

– Cela dépend du contexte, a répondu Mme Magill.

– L’appel au génocide des Juifs dépend du contexte dans lequel il a lieu ? Est-ce là votre réponse ? Vous auriez dû répondre simplement « oui » à cette question, a déclaré Elise Stefanik.

A dû démissionner

Claudine Gay, présidente de Harvard, a réagi de la même manière et les critiques n’ont pas cessé depuis. Les étudiants, les donateurs et les hommes politiques ont exigé des conséquences pour les trois dirigeants de l’université, et 74 membres du Congrès ont demandé leur démission.

Liz Magill a démissionné ce week-end et, dans une déclaration filmée, elle a exprimé ses regrets et souligné que les appels au génocide n’étaient pas acceptés à l’université de Penn.

Soutenu par les conseils d’administration

La guerre entre Israël et le Hamas a été un sujet de discorde sur les campus universitaires américains, avec des manifestations régulières pro-israéliennes et pro-palestiniennes.

Cependant, tout le monde n’est pas critique. Plus de 650 employés de Harvard ont publié une lettre ouverte pour défendre le président en exercice. Les conseils d’administration du MIT et de Harvard ont soutenu leurs présidents qui, selon eux, s’opposent à toute forme d’antisémitisme.